Philippe Mathy

« Né à Manono (Congo) le 17 juillet 1956, Philippe Mathy rejoint dès l’âge de 4 ans la Belgique. Il vit son enfance à Saint-Denis ( Mons ), petit village entouré de bois et d’étangs. C’est là qu’il rencontre à l’âge de quinze ans le peintre et poète Yvon Vandycke. Celui-ci, visionnaire et tourmenté, lui ouvre les portes de la création contemporaine. De 1976 à 1980, son père part travailler, habiter en Algérie. Possibilité de plusieurs voyages, expérience du désert. Le premier recueil, Promesse d’île salué par une préface de Norge, fut écrit pour une bonne part à Alger.
Mariage en 1980. Enseigne au Collège Notre-Dame de Tournai jusqu’en 2011. Trois filles : Aline (1981), Mathilde (1983), Charlotte (1985).
En février 1983, la famille s’installe dans une maison - grand jardin, verger - à Guignies, petit village de l’entité de Brunehaut, dans la Picardie belge. Depuis 2013, il partage sa vie entre Guignies et Pouilly-sur-Loire en Bourgogne nivernaise.
Philippe Mathy poursuit son chemin de poète, semé de quelques voyages - voyages privés mais aussi trois résidences d’auteur à Rome : juillet 1999 et 2002, juin 2012. Celles de 1999 et 2002 donneront naissance aux carnets romains repris sous le titre Barque à Rome. Les rencontres amicales demeurent essentielles : bonheur de retrouver les amis à Guignies ou ailleurs. Il demeure passionné de peinture sans toutefois la pratiquer. Il a animé de 1987 à 2005 l’ ASBL « Le front aux vitres » (galerie d’art / rencontres poétiques). Il associait, à la présentation des peintures ou des sculptures, des lectures de poèmes accompagnées de musique.
De 2000 à 2014, il fut responsable, avec Sarah Colasse, du dossier que le journal « Le Ligueur » consacrait, en septembre, au théâtre pour l’enfance et la jeunesse.
Par amitié pour l’éditeur Yves Namur et pour défendre le travail des éditions Le Taillis Pré, il est présent, avec son épouse Véronique dans quelques marchés du livre.
Depuis 2011, il est membre du comité de rédaction du Journal des Poètes et rédacteur en chef depuis mars 2015. »
On retrouve cette biographie ainsi que l’actualité du poète et des documents iconographiques (poèmes, expositions, photographies personnelles) sur le site de Philippe Mathy

Extrait

Le soir pose les doigts sur les paupières du jour, allège la pesanteur
des ombres. Il recouvre la lumière d’une couverture étoilée, la conduit vers
un sommeil où possibles sont d’autres clartés.
La nuit cajole le verger. Les herbes dodelinent, frissonnent, comme si
des âmes heurtaient le silence.

*

Des visages me parlent de toi. Des visages que je ne connais pas, qui
ne te ressemblent pas. Un tissu glisse peut-être sous le fer chaud de ces
visages. Un tissu que nous ne voyons pas, mais qui recouvre nos épaules, les
jours de solitude où nous risquons de prendre froid.

*

Quel écho se replie, rumine le silence, amorce le profond des ombres où
tombent à regret les chants d’oiseaux ? Le duvet du soir lentement
s’amenuise. Les maisons s’allument. Dans le miroir des fenêtres, comme un
clin d’oil sous la chaleur des lampes, un visage humain rassemble parfois la
nuit dans un nid de clartés.

extraits de Jardin sous les paupières

Bibliographie

Derniers recueils parus :

  • Dans le vent pourpre, L’herbe qui tremble, 2021.
  • Étreintes mystérieuses, Éditions L’ail des ours, Collection Grand ours, 2020
  • Battements crépusculaires : six poèmes en hommage à Salvatore Quasimodo (1901-1968), illustrations André Ruelle, Liège, Éditions Tétras-Lyre, Collection « Accordéon », 2019
  • Veilleur d’instants : poèmes de Pouilly-sur-Loire, peintures de Pascale Nectoux, Paris, L’Herbe qui tremble, 2017
  • Les soubresauts du temps, Éditions Le Taillis pré, 2015.
  • Sous la robe des saisons, Éditions L’herbe qui tremble, 2013.
  • Une barque, poésie, Tetras Lyre, collection Lettrimage, Soumagne, 2010,
  • Barque à Rome, recueil de notes, Éditions L’herbe qui tremble, Paris, 2011
  • Chemin du vent / Windweg, éd. Medusa, Tervuren, 2012
  • Jardin sous les paupières, Le Taillis Pré, Châtelineau, 2002.
  • Le temps qui bat , Le Taillis Pré, Châtelineau, 1999.
  • Invisible passant, préface d’André Schmitz, frontispice d’André Ruelle. Ed. Tétras Lyre, 1995, coll. bilingue français-basque (traduction en basque par Irantzu Bustinza).
  • Monter au monde , Rougerie, Mortemart, 1994.
  • L’atelier des saisons , Illustrations de Martine Melinette, Cheyne Editeur, Le Chambon sur Lignon, 1992.