Philippe Beck, un chant objectif aujourd’hui

Auteur : Philippe Beck

Philippe Beck, un chant objectif aujourd'hui

Direction : Isabelle Barbéris, Gérard Tessier | Corti 2014

À Cerisy-la Salle, en août 2013, la décade consacrée à l’œuvre poétique de Philippe Beck a marqué, révélant la force générale d’un chant en devenir (ainsi du « Projet Merlin »). La pensée de la poésie maintenue en sa nécessité politique (Benoît Casas, Tristan Hordé), un agencement sensible s’est ouvert à l’interprétation (Tim Trzaskalik). Des manières de lire ont approché une rédification, une réfection objective et « plus que lisible » (Jean-Luc Steinmetz), une poésie qui démontre une “confiance dans la poésie” (Gérard Tessier) et fait apparaître la matière de la langue même (Annie Guillon-Lévy, et Jean-Luc Nancy à propos de l’ « Ouverture » des Chants populaires). S’est confirmée l’hypothèse d’une poétique qui, issue des rythmes anciens, relance l’oreille expérimentalement, capte le monde et le « compromet » (Judith Balso), “clairon” plutôt que “berceuse”

Paru le 1er octobre 2014

Éditeur : José Corti

Genre de la parution : Essai

Poème
de l’instant

Valère Novarina

Chronophobie

Ici-bas dans la tourmente, il danse
Écoutez mes aïeux :
Je danse à la gueule de dieu

Traçant une ligne invisible
Entre n’être et naître pas
Entre naître et n’être pas
J’ai vécu vaille que vaille
Tout au fond d’l’univers
Le réel m’a pris en tenaille
Je danse à cœur ouvert

Le jour venu, mon âme d’animal
Si vous la trouvez en moi
Portez-la dans le sein d’Abraham !

Mai 2019, Valère Novarina, extrait de Chronophobie, poème inédit confié au Printemps des Poètes pour la 11e édition du Prix Andrée Chedid du Poème Chanté.