Paysages de Benjamin Fondane

Paysages de Benjamin Fondane

Les poèmes de ce volume ont été écrits entre 1917 et 1923 — date du départ de Fundoianu pour la France, à l’âge de 24 ans — et publiés de 1920 à 1930 dans différentes revues roumaines. C’est donc de Paris que le poète compose son recueil, en effectuant un choix parmi de nombreux textes. On trouve dans Poèmes d’autrefois (Le temps qu’il fait, 2010) un certain nombre de « paysages » d’inspiration similaire.

Cette poésie n’est traditionnelle qu’en apparence ; les paysages, où la nature semble toute-puissante, sont minés de l’intérieur par une mélancolie, un désenchantement qui ne s’affirmeront pleinement que plus tard, dans les œuvres à venir. Dans la singulière introduction que Fondane donne en 1929 au recueil de Fundoianu, le poète explique : « En ce temps-là, j’étais nu et ne me savais pas nu » ; la poésie a révélé son impuissance à concurrencer le monde réel, ses laideurs et ses turpitudes. Mais il poursuit cependant : « La poésie n’est pas une fonction sociale mais une force obscure qui précède l’homme et qui le suit. »
Dans les vers de Fundoianu, que le Fondane de 1929 semble renier, percent les accents si justes et profondément humains du Mal des fantômes.

traduits du roumain par Odile Serre

Paru le 1er janvier 2014

Éditeur : Le Temps qu’il fait

Genre de la parution : Recueil

Poème
de l’instant

Emmanuel Moses

Il était une demi-fois

Donnez-moi un mot
J’en ferai deux, j’en ferai trois
Et puis cent, et puis mille
Et quand je ne pourrai plus compter
Je repartirai en arrière
Jusqu’au tout premier
Qui sera le dernier.

Il était une demi-fois, Emmanuel Moses, illustré par Maurice Miette, Éditions Lanskine, 2019, p.32.