Paterson de William Carlos William

Paru en cinq livraisons, de 1946 à 1958, Paterson est sans conteste le « grand œuvre » de William Carlos Williams, et l’une des bornes majeures de la poésie nord-américaine du XXe siècle. Construit autour de la ville ouvrière du New Jersey qui lui donne son titre, et suivant le cours métaphorique de la rivière Passaic, ce long poème offre le portrait éclaté d’une ville américaine à travers son paysage immédiat, ses scènes contemporaines, mais aussi les multiples strates de son histoire coloniale, culturelle, industrielle… Williams a conçu son ouvrage comme un vaste montage, où alternent séquences versifiées — à la syntaxe tourmentée — et collages de proses quotidiennes : archives locales, coupures de presse, lettres et documents divers… La tension majeure du livre réside bien sûr dans cet écart, entre un projet épique (mais hanté par une déroute historique et sociale) et l’extraordinaire invention dont le poète fait preuve, dans la recherche d’une prosodie visuelle qu’il aura été l’un des premiers à concevoir.

Paterson avait été publié une première fois chez Flammarion, en 1981. À l’occasion de cette nouvelle édition, Yves di Manno a entièrement relu, corrigé et refondu sa traduction.

William Carlos Williams
Né à Rutherford (New Jersey) où il vécut et pratiqua la médecine sa vie durant, William Carlos Williams (1883-1963) fut dès les années 20 l’un des principaux protagonistes de la révolution moderniste, aux Etats-Unis, aux côtés de son ami Ezra Pound et de quelques autres. Son œuvre abondante, tant en prose qu’en vers, a eu une influence considérable sur les générations ultérieures.

Paru le 1er mars 2005

Éditeur : José Corti

Genre de la parution : Recueil

Poème
de l’instant

Valère Novarina

Chronophobie

Ici-bas dans la tourmente, il danse
Écoutez mes aïeux :
Je danse à la gueule de dieu

Traçant une ligne invisible
Entre n’être et naître pas
Entre naître et n’être pas
J’ai vécu vaille que vaille
Tout au fond d’l’univers
Le réel m’a pris en tenaille
Je danse à cœur ouvert

Le jour venu, mon âme d’animal
Si vous la trouvez en moi
Portez-la dans le sein d’Abraham !

Mai 2019, Valère Novarina, extrait de Chronophobie, poème inédit confié au Printemps des Poètes pour la 11e édition du Prix Andrée Chedid du Poème Chanté.