Passion Apollinaire, la poésie à perte de vue

Passion Apollinaire, la poésie à perte de vue

Par Laurence Campa et Michel Décaudin

"Homme-époque", ami des peintres, journaliste, critique, éditeur, conteur, Apollinaire est un poète pluriel. Cette incursion dans sa vie et dans son oeuvre est avant tout un voyage : lieux traversés, arpentés, visités, lieux de rêverie, de flânerie, de bohème, espace de l’amour, espace de la guerre, territoires imaginaires et poétiques. Considérant que la poésie n’a pas de frontières, qu’elle unit la vie, l’imagination et le langage, que les arts dialoguent et se mélangent, Apollinaire chante, exprime et invente "la poésie à perte de vue".
Cette reconstitution iconographique ets une première. A travers 500 documents, elle brosse le portrait intime d’un inventeur de formes qui voulait être ici et ailleurs, tout le temps, et avec tous ; mais dépeint aussi une oeuvre d’art cinétique sans égal. Laurence Campa et Michel Décaudin nous transmettent la grâce poétique et le charisme subtil d’Apollinaire, poète solaire. Ils nous rappellent la surprenante modernité de son oeuvre, issue d’un monde bouillonnant, assassiné par l’hécatombe de la Grande Guerre.

Éditions Textuel, 2005
49 €, 192 pages

Paru le 1er octobre 2004

Éditeur : Textuel

Genre de la parution : Livre d’artiste

Poème
de l’instant

Stèles

La cime haute a défié ton poids. Même si tu ne peux l’atteindre, que le dépit ne t’émeuve : Ne l’as-tu point pesée de ton regard ?
La route souple s’étale sous ta marche. Même si tu n’en comptes point les pas, les ponts, les tours, les étapes, - tu la piétines de ton envie.
La fille pure attire ton amour. Même si tu ne l’as jamais vue nue, sans voix, sans défense, - contemple-la de ton désir .

*

Dresse donc ceci au Désir-Imaginant ; qui, malgré toutes, t’a livré la montagne, plus haut que toi, la route plus loin que toi,
Et couché, qu’elle veuille ou non la fille pure sous ta bouche.

Victor Segalen, Stèles, « Stèle au désir », 1912.