Pas de blessure, pas d’histoire

Pas de blessure, pas d'histoire

De nos jours, les poètes d’Afrique du Sud sont confrontés à un processus de transformation politique et sociale difficile, ni planifié ni espéré. En même temps, le pays s’affranchit de sa mise au ban des nations et rejoint un monde complexe en pleine mutation. Les ouvrages de poésie publiés ces dernières années débordent d’énergie troublée mais aussi ludique, à la fois sociale et intime. Leur contenu est divers à l’extrême. Ils ne se focalisent plus sur l’oppression systématique des années d’apartheid, malgré la récurrence ponctuelle des thèmes de la culpabilité et de la victimisation. Bien que le poète continue parfois de jouer son rôle de témoin et de critique, il peut également s’engager dans une grande diversité d’expériences qui mettent en jeu, par exemple, la perception du temps et de l’espace, le langage lui-même, sans oublier certains axes fondamentaux tels que l’amour et la mort, l’identité, la mémoire et le rêve.
(extrait de la préface de Denis Hirson)

Coédition avec La Maison de la poésie Rhône-Alpes et la Biennale internationale des poètes.

Paru le 1er décembre 2013

Éditeur : Maison de la poésie Rhône-Alpes

Genre de la parution : Revue

Poème
de l’instant

Valère Novarina

Chronophobie

Ici-bas dans la tourmente, il danse
Écoutez mes aïeux :
Je danse à la gueule de dieu

Traçant une ligne invisible
Entre n’être et naître pas
Entre naître et n’être pas
J’ai vécu vaille que vaille
Tout au fond d’l’univers
Le réel m’a pris en tenaille
Je danse à cœur ouvert

Le jour venu, mon âme d’animal
Si vous la trouvez en moi
Portez-la dans le sein d’Abraham !

Mai 2019, Valère Novarina, extrait de Chronophobie, poème inédit confié au Printemps des Poètes pour la 11e édition du Prix Andrée Chedid du Poème Chanté.