Paradis argousins

Auteur : Victor Blanc

Paradis argousins

On est d’emblée frappé par un rapport aux mots comme à la poésie tout à la fois amoureux et joueur. Victor Blanc plonge dans le langage à corps perdu comme dans un océan . Il brasse tous les registres de langage (vocabulaire soutenu, archaïsmes, argot, symboles informatiques…), toutes formes d’écriture poétique (vers libres, vers comptés et rimés, rondeau, sextine détournée, tract, chanson à boire, ballade, poésie épique…). Il ne faudrait cependant pas croire que nous avons affaire à un fourre-tout qui viendrait d’une indécision formelle. Chaque forme, chaque mot est utilisé à dessein. La passion joyeuse de Victor Blanc pour la versification et la rhétorique donne en outre à son écriture une souplesse limpide. Rien de forcé, rien de contraint mais des vers lumineux.
On peut attendre d’un jeune homme qu’il soit, selon le vœu de Rimbaud, "absolument moderne". Victor Blanc l’est. […]
Être moderne, c’est regarder le demain et le vouloir meilleur. À dix-neuf ans, Rimbaud poussait un cri amer et déchirant : "L’automne déjà !" ; à vingt ans, Victor Blanc tourne le dos au passé, "Je ne prends pas mes ordres du Vingtième Siècle", et tend le poing.

Paru le 1er janvier 2014

Éditeur : Le Temps des cerises

Genre de la parution : Recueil

Poème
de l’instant

Alejandro Jodorowsky

Es como abrir un menhir con las manos

Cesad de buscar, vosotros mismos sois la puerta
y también los guardianes que prohiben la entrada.
A cada paso que dais os alejais del ombligo
convertidos en fantasmas sedientos de aventura.
Creeís que el matrimonio os libera de la muerte
o que el dinero os inscribe en la jerarquía divina.
Cesad de buscar, el filtro mágico es la conciencia,
ojo que puede regresar a las cuencas vacías de Dios
atravesando la muerte. Nadie se encuentra a sí mismo
recorriendo los mares o bajando a cavernas.
No es fácil, es como abrir un menhir con las manos
porque tenemos un alma más dura que la piedra.

Alejandro Jodorowsky, Traduit de l’espagnol (Chili) par Martin Bakero et Emmanuel Lequeux
dire ne suffit pas, no basta decir, Le Veilleur Éditions, 2003.