Par les bois du Djinn Parle et bois du gin d’Alphonse Allais

Par les bois du Djinn Parle et bois du gin d'Alphonse Allais

Complainte amoureuse

Oui, dès l’instant que vous vis,
Beauté féroce, vous me plûtes !
De l’amour qu’en vos yeux je pris,
Sur-le-champ vous vous aperçûtes.
Ah ! fallait-il que je vous vîsse,
Fallait-il que vous me plussiez,
Qu’ingénument je vous le disse,
Qu’avec votre orgueil vous vous tussiez !
Fallait-il que je vous aimasse
que vous me désespérassiez.
Et qu’en vain je m’opiniâtrasse
Et que je vous idolâtrasse
Pour que vous m’assassinassiez !

Paru le 1er avril 2005

Éditeur : Gallimard

Genre de la parution : Recueil

Poème
de l’instant

Philip Larkin

Où vivre, sinon ?

Est-ce pour maintenant ou pour toujours
Que le monde est pendu à une tige ?
Est-ce pour un rendez-vous ou par ruse,
Ces bois trouvés pour aller faire un tour ?

Est-ce miracle ou mirage
Si vers les miennes se lèvent tes lèvres ?
Et les soleils, comme des balles de jongleurs,
Sont-ils une feinte ou un gage ?

Darde tes feux, mon ange surprenant,
Faisant front de tes seins à la peur coupe court,
Te prenant maintenant, je te prends pour toujours,
Car le toujours est toujours cet instant.

Philip Larkin, Où vivre, sinon ?, Traduit de l’anglais par Jacques Nassif, Éditions de la Différence, 1994.