Pages d’atelier (1917-1982) de Francis Ponge

Pages d'atelier (1917-1982) de Francis Ponge

« Ces pages d’atelier sont constituées d’inédits. Recueil de textes aboutis, mais conservés sous le boisseau, de textes encore en chantier, d’archives génétiques, elles accompagnent à plus d’un titre les deux volumes d’Œuvres complètes parus dans la « Bibliothèque de la Pléiade », où figure tout ce qui a connu, avec l’aval de Ponge, « le jour de l’impression » selon l’expression de Boileau. […] On y découvre dès les années 20 une importante activité scripturale dont la partie publiée donnait d’autant moins la juste mesure qu’ils étaient dispersés dans plusieurs recueils ; elle relevait à la fois de l’ordre poétique et de l’ordre autobiographique propre à une conscience qui réfléchit sur sa vocation et son avenir. Déjà s’y révèle un esprit pour lequel les questions proprement poétiques ou littéraires s’inscrivent dans des préoccupations plus vastes, de nature morale, sociale, philosophique. Après les précoces tentatives d’analyse personnelle, viendront les regards rétrospectifs sur l’œuvre, et les tentatives de bilan. »
Bernard Beugnot.

Édition de Bernard Beugnot, collection Les Cahiers de la NRF, Gallimard

Paru le 7 avril 2005

Éditeur : Gallimard

Genre de la parution : Recueil

Poème
de l’instant

Treizième poésie verticale

Aujourd’hui je n’ai rien fait.
Mais beaucoup de choses se sont faites en moi.

Des oiseaux qui n’existent pas
ont trouvé leur nid.
Des ombres qui peut-être existent
ont rencontré leurs corps.
Des paroles qui existent
ont recouvré leur silence.

Ne rien faire
sauve parfois l’équilibre du monde
en obtenant que quelque chose aussi pèse
sur le plateau vide de la balance.

Roberto Juarroz, Treizième poésie verticale, traduit de l’argentin par Roger Munier, Librairie José Corti, 1993.