On fait comment de Pierre Mabille

On fait comment de Pierre Mabille

Dans cet ouvrage il y a la présence de Pierre Bonnard et de sa peinture, mais pas trop manifeste ; on le retrouve de temps en temps dans des allusions, des citations. La maquette originale d’Hervé Aracil s’inspire de certains aspects de sa peinture. Ce livre comporte trois parties : faire un tableau – mélanger les lumières – liquider les contours. Il assemble des listes de titres de tableaux, des listes de couleurs, avec des textes plus courts.

Comme dans trop de monde (précédent livre aux éditions Le bleu du ciel) il y a des images qui s’articulent ou qui contrastent avec le cours du texte, dans un aspect visuel particulier, traité en bichromie (jaune, mauve). Nous ne sommes pas loin du livre d’artiste.

Pierre Mabille possède un bonheur d’expression. Son style est direct, jouant avec l’ironie, la tendresse et le dérisoire. Sa prose se veut en décalage et joue toujours avec la notion de surprise.

Artiste et poète, Pierre Mabille enseigne à l’Ecole supérieure des beaux-arts de Nantes Métropole. Connu pour ses productions plastiques, dessins, peintures et collages, ses textes et poèmes accompagnent depuis toujours ses œuvres. Le bleu du ciel en a régulièrement publié depuis 1996, en revue et dans les Affiches de poésie.

Aux Éditions Le bleu du ciel :
Pierre Mabille et Hervé Aracil ont conçu l’Affiche de poésie n°46 La liste et le livre Trop de monde (2009) ; Pierre Mabille est également l’auteur d’une monographie Toujours jamais pareil, avec des textes de Jean-Michel Espitallier (2005) et il participe à l’Affiche de poésie n°13 Quinzaine du blanc (1995) avec Pierre Tilman, Patrick Beurard-Valdoye et Jean-François Demeure.

Paru le 1er octobre 2012

Éditeur : Le Bleu du ciel

Genre de la parution : Recueil

Poème
de l’instant

Cécile Coulon

Courir

La course, la vraie, est une fureur carnivore. Un astre brûlant caché dans les jointures du corps ; elles grincent, la nuit, comme un miracle froissé. Une force qui rugit, à laquelle nous sommes forcés de croire puisque qu’il n’y a qu’elle qui puisse suspendre aux crochets des montagnes des femmes et des hommes emplis de cette beauté brutale qui ne supporte ni la lenteur, ni les cris, ni ces bouquets d’amnésie qu’on s’offre pour éviter d’avoir mal. »

Cécile Coulon extrait de « Courir », Les ronces, Éditions Le Castor Astral, 2018