Obligé d’être ici de Claude Adelen

Obligé d'être ici de Claude Adelen

Triptyque, qui se referme sur une coda – importance de la musique cehez Claude Adelen – Obligé d’être ici est son dixième livre de poèmes. On y retrouve l’exigence formelle qui est la marque de ce poète. Le titre même du recueil dit la dureté de « ce côté du ciel », hanté par les drames des hommes, autant que par la nostalgie de l’enfance et des paysages de l’ancien pays pas totalement enfoui sous la bruyante modernité ! Mais « le coup de grisou de l’âme » n’est-il pas sauvé par le plaisir de raconter en inventant sa propre langue pour ce faire ? « Je reste attaché à cette musicalité de la langue, c’est-à-dire à des lignes mélodiques, à des modulations vocaliques et consonantiques (l’intraduisible d’une langue). Au principe de la variation. » (in Légendaire). Claude Adelen affirmera aussi que l’aspect formel de ses poèmes est une contrainte obligée pour maîtriser le chaos intérieur et la tentation d’un lyrisme profus et comme naturel…

Paru le 1er décembre 2013

Éditeur : Obsidiane

Genre de la parution : Recueil

Poème
de l’instant

Valère Novarina

Chronophobie

Ici-bas dans la tourmente, il danse
Écoutez mes aïeux :
Je danse à la gueule de dieu

Traçant une ligne invisible
Entre n’être et naître pas
Entre naître et n’être pas
J’ai vécu vaille que vaille
Tout au fond d’l’univers
Le réel m’a pris en tenaille
Je danse à cœur ouvert

Le jour venu, mon âme d’animal
Si vous la trouvez en moi
Portez-la dans le sein d’Abraham !

Mai 2019, Valère Novarina, extrait de Chronophobie, poème inédit confié au Printemps des Poètes pour la 11e édition du Prix Andrée Chedid du Poème Chanté.