Nouveaux poèmes 1930 - 1934 d’Ossip Mandelstam

Nouveaux poèmes 1930 - 1934 d'Ossip Mandelstam

Traduit du russe et présenté par Christiane Pighetti.

"N’en souffle mot à personne,
oublie ce que tu as vu :
l’oiseau, la vieille, la prison
et le reste …

Car, si tu desserres les lèvres,
D’imperceptibles frissons
comme aiguilles de pin,
le jour venu, te saisiront.

Et tu te rappelleras la guêpe,
l’encre, le plumier d’enfant
à la datcha, et les myrtilles
que tu n’as jamais cueillies."

octobre 1930

Paru le 1er avril 2010

Éditeur : Allia

Genre de la parution : Recueil

Poème
de l’instant

Carl Norac

Avant de tout dire

Toute la beauté du monde, je ne peux pas te la dire. Mais rien ne m’empêche d’un peu l’approcher avec toi.

Il y a de si grands murs qui cachent les jardins, des dépotoirs au bord des plages, des ghettos dans des îles, tant de blessures aux paysages.

Par bonheur, un peu de splendeur demeure alentour et le dire, même tout bas, par amour, c’est croire encore qu’un jour, nous irons la trouver, toute la beauté du monde.

Carl Norac, « Avant de tout dire », Le livre des beautés minuscules, Éditions Rue du Monde.