Notes en souvenir de mon maître Caeiro de Fernando Pessoa

Notes en souvenir de mon maître Caeiro de Fernando Pessoa

Appareil critique Teresa Rita Lopes
littérature / poésie

Fernando Pessoa a cette capacité à vivre davantage dans ses idées que dans lui-même. Le 8 mars 1914, « jour triomphal », il ressent la présence de son Maître Alberto Caiero ; ses disciples suivront : Ricardo Reis l’anarchiste, Antonio Mora le philosophe païen et Alvaro de Campos le futuriste. L’aventure hétéronymique est en marche.
Dans cette œuvre inédite, mise à jour par Teresa Rita Lopes, le poète donne à voir comment il a conçu son oeuvre, mettant en scène dans son « théâtre de l’être » les thèmes marquant de la littérature de notre temps : le moi, la solitude, la folie…

Paru le 1er septembre 1996

Éditeur : Fischbacher

Genre de la parution : Essai

Poème
de l’instant

Carl Norac

Avant de tout dire

Toute la beauté du monde, je ne peux pas te la dire. Mais rien ne m’empêche d’un peu l’approcher avec toi.

Il y a de si grands murs qui cachent les jardins, des dépotoirs au bord des plages, des ghettos dans des îles, tant de blessures aux paysages.

Par bonheur, un peu de splendeur demeure alentour et le dire, même tout bas, par amour, c’est croire encore qu’un jour, nous irons la trouver, toute la beauté du monde.

Carl Norac, « Avant de tout dire », Le livre des beautés minuscules, Éditions Rue du Monde.