Nos poings sous la table de Garous Abdolmalekian

Nos poings sous la table de Garous Abdolmalekian

Édition bilingue traduit du persan par Farideh Rava

Le mot de l’éditeur : Il m’aura suffi d’entendre Garous Abdolmalekian lire ses poèmes en persan lors d’un festival de poésie pour avoir envie de le publier. De fait, ce jeune poète iranien, né à Téhéran en 1980, est l’une des voix les plus talentueuses de sa génération. Nos poings sous la table rassemble, en bilingue, des textes issus de ses trois principaux recueils, jusqu’alors inédits en français. La vitalité des images, leur singularité quasi cinématographique, l’art de la chute, la liberté de ton d’un écrivain qui pratique sans cesse le décalage, l’esquive et le second degré forcent l’admiration. Conscient que le poème peut recevoir « une balle dès ses premières lignes », Garous Abdolmalekian est de ceux qui ont urgemment besoin de lecteurs pour exister.

Extrait :

« Ta robe bouge dans
le vent
Voilà
Le seul drapeau que
j’aime »

Paru le 1er septembre 2012

Éditeur : Editions Bruno Doucey

Genre de la parution : Recueil

Poème
de l’instant

Ludovic Janvier

Bientôt le soleil

« Je ne cherche pas l’essor, l’oubli, la grâce, je sais qu’ils me sont impossibles. Et d’ailleurs je ne le voudrais pas. L’ange me fait peur. Non, je cherche la présence et le poids, ou plus exactement la présence me cherche, le poids me trouve, le poids sur moi de la lumière comme un mur, la présence à plein regard de la mer qui fait masse ou du feuillage hanté par le ciel. De sorte que les jours de timidité, ou de trop fort vouloir, je reste pris dans la glu du moment, prisonnier du trop plein jusqu’à la nausée. Les jours de décision, j’allais dire de légèreté mais ne te vante pas, je vois sortir de moi une réponse, plus ou moins claire, plus ou moins simple, plus ou moins forte. Content ? Non, jamais content. Mais, quand même, content. »

Ludovic Janvier, Bientôt le soleil, Flohic Éditions, 1998.