Nord profond d’Olav H. Hauge

Nord profond d'Olav H. Hauge

Olav H. Hauge (1908-1994) est considéré comme le plus grand poète norvégien de la seconde moitié du XXe siècle.
Par leur simplicité, leur densité, leur concision, ses poèmes recèlent l’évidence et le mystère des choses, une présence au monde immédiate, où l’humour, le dé­sespoir, la joie et la paix ont leur place. On pense à Bashô, Char, Hölderlin, Michaud, qu’il a lus.

Préface de François Graveline
Traduit du néonorvégien par François Monnet

Des photographies de François Monnet, prises dans les fjords qu’habitait Olav H. Hauge, accompagnent ces poèmes.

Chant, chemine léger sur mon cœur,
chemine léger
comme la bruyère des marais
sur la fagne détrempée,
comme l’oiseau du matin
sur la glace d’une nuit.
Briserais-tu l’écorce de ma peine,
tu te noierais,
chant.

Paru le 1er mars 2009

Éditeur : Bleu autour

Genre de la parution : Recueil

Poème
de l’instant

Ludovic Janvier

Bientôt le soleil

« Je ne cherche pas l’essor, l’oubli, la grâce, je sais qu’ils me sont impossibles. Et d’ailleurs je ne le voudrais pas. L’ange me fait peur. Non, je cherche la présence et le poids, ou plus exactement la présence me cherche, le poids me trouve, le poids sur moi de la lumière comme un mur, la présence à plein regard de la mer qui fait masse ou du feuillage hanté par le ciel. De sorte que les jours de timidité, ou de trop fort vouloir, je reste pris dans la glu du moment, prisonnier du trop plein jusqu’à la nausée. Les jours de décision, j’allais dire de légèreté mais ne te vante pas, je vois sortir de moi une réponse, plus ou moins claire, plus ou moins simple, plus ou moins forte. Content ? Non, jamais content. Mais, quand même, content. »

Ludovic Janvier, Bientôt le soleil, Flohic Éditions, 1998.