Non à la guerre

Non à la guerre

Auteurs : Lionel Ray, Olaf Müller, Francesca Fabbri
Sous la direction de Erhan Turgut.
« On ne fait pas la guerre avec de bons sentiments — la paix non plus ». Ces mots issus de l’introduction donnent le ton d’un ouvrage consacré au thème – difficile – de la paix. Un thème que les éditions Turquoise, soucieuses d’éviter le lieu commun, ont choisi de traiter dans ses dimensions poétique, historique et photographique.

Le volet poétique revient à Lionel Ray, grand poète français, auteur d’une préface très documentée et d’une sélection de ” poèmes du monde ” (plus de 60 pays et de 120 poètes) qui montre que la paix, ou plutôt la guerre, est une inspiratrice universelle.

Le volet historique est signé Olaf Müller et Francesca Fabbri. Le premier avec une histoire des mouvements pacifistes, la seconde avec un texte abondamment illustré retraçant l’origine de la colombe comme symbole de paix.

Le volet photographique (plus de 170 illustrations), enfin, est présent d’un bout à l’autre de l’ouvrage avec une sélection de photographies dont les plus anciennes remontent à la guerre de Crimée, les plus récentes au conflit israélo-libanais de l’été 2006.

L’ensemble se veut un ouvrage cohérent, ambitieux et même courageux, puisque relié sous une couverture immaculée – comme la paix dont il fait l’éloge. L’événement, inédit dans le domaine du beau livre, signe l’originalité de l’ouvrage.

Paru le 1er octobre 2006

Éditeur : Turquoise

Genre de la parution : Anthologie

Poème
de l’instant

Lorand Gaspar

Approche de la parole

Le poème n’est pas une réponse à une interrogation de l’homme ou du monde. Il ne fait que creuser, aggraver le questionnement. Le moment le plus exigeant de la poésie est peut-être celui où le mouvement (il faudrait dire la trame énergétique) de la question est tel - par sa radicalité, sa nudité, sa qualité d’irréparable - qu’aucune réponse n’est attendue plutôt, toutes révèlent leur silence. La brèche ouverte par ce geste efface les formulations. Les valeurs séparées, dûment cataloguées, qui créent le va-et-vient entre rives opposées sont, pour un instant de lucidité, prises dans l’élan du fleuve. De cette parole qui renvoie à ce qui la brûle, la bouche perdue à jamais.

Approche de la parole,
Éditions Gallimard, 1978.