Nomade je fus de très vieille mémoire

Auteur : Anthony Phelps

Nomade je fus de très vieille mémoire

Le mot de l’éditeur : Qui est Anthony Phelps ? Les uns diront qu’il est l’auteur d’un livre culte, Mon pays que voici, véritable hymne à sa terre natale, Haïti. D’autres verront en lui l’un des grands écrivains de la Caraïbe, exilé au Québec, une figure phare des cinquante dernières années. Pour moi, son second éditeur de poésie en France après Pierre-Jean Oswald, il est aussi un formidable passeur de mémoire, un homme de parole et de coeur, un ami. Nomade je fus de très vieille mémoire… L’anthologie personnelle que nous publions donne à lire le meilleur de son oeuvre poétique. Le livre s’ouvre sur un recueil publié en 1961 et se clôt sur Une plage intemporelle, paru à Montréal en 2011. Entre ces deux dates, une douzaine de titres invitent le lecteur à suivre le fil sans cesse ramifié d’une vie en poésie. Qu’il évoque son enfance heureuse en Haïti ou l’Amérique métisse qui l’a accueilli, qu’il dénonce les dictatures ou célèbre l’amour, Anthony Phelps est le poète d’un chant profond dont le souffle ne s’est jamais épuisé.

Extrait :

« Je continue ô mon Pays
ma lente marche de poète
un bruit de chaîne dans l’oreille
un bruit de houle et de ressac
et sur les lèvres un goût de sel et de soleil »

Paru le 1er février 2016

Éditeur : Editions Bruno Doucey

Genre de la parution : Recueil

Poème
de l’instant

Treizième poésie verticale

Aujourd’hui je n’ai rien fait.
Mais beaucoup de choses se sont faites en moi.

Des oiseaux qui n’existent pas
ont trouvé leur nid.
Des ombres qui peut-être existent
ont rencontré leurs corps.
Des paroles qui existent
ont recouvré leur silence.

Ne rien faire
sauve parfois l’équilibre du monde
en obtenant que quelque chose aussi pèse
sur le plateau vide de la balance.

Roberto Juarroz, Treizième poésie verticale, traduit de l’argentin par Roger Munier, Librairie José Corti, 1993.