Nikolaï Goumilev

Nikolaï Stepanovitch Goumilev naît le 3 avril 1886 (15 avril 1886 dans le calendrier grégorien) à Kronstadt, ville située sur la mer Baltique, dans la juridiction de Saint-Pétersbourg.

Nikolaï est le fils d’un chirurgien de la marine, Stepan Iakovlevitch Goumilev. Il fait ses études secondaires au lycée de Tsarskoïe Selo où il fait la connaissance du poète symboliste Innokenti Annenski considéré comme le « Mallarmé russe ».

Très jeune déjà, Nikolaï s’intéresse grandement à la poésie et à l’écriture. Il publie son premier poème intitulé « J’ai fui les villes pour rejoindre la forêt » dès 1902, alors qu’il n’a que 16 ans. Son premier recueil, La Route des conquistadors, paraît en 1905. Il y évoque divers sujets pour le moins exotiques tels que les girafes du lac Tchad, les crocodiles de Caracalla, etc. Cette première publication ne reçoit pas un très bon accueil des critiques qui la jugent quelque peu bâclée.

À partir de 1907, Nikolaï voyage fréquemment en Europe, principalement en Italie et en France. En 1908 paraît son recueil Fleurs romantiques. Durant son séjour à Paris, Nikolaï fonde la revue littéraire Sirius qui ne publie néanmoins que trois numéros. À son retour en Russie, il contribue à la création de la revue Apollon, revue de l’avant-garde poétique russe illustrée de peinture, musique, littérature et théâtre éditée par le poète Sergueï Makovski, fils du peintre réaliste Constantin Makovski.

Le 22 novembre 1909, alors épris de Cherubina de Gabriak, surnom de Elisaveta Ivanovna Dmitrieva, Nikolaï se bat en duel avec l’amant de cette dernière, Maximilian Volochine. Aucun des deux hommes ne sera blessé.

En 1910, il épouse Anna Akhmatova, rencontrée à Saint-Pétersbourg. Les jeunes mariés partent à Paris pour leur voyage de noce. Mais suite au voyage, Nikolaï délaisse Anna et part voyager deux années durant en Afrique. Nikolaï, alors inspiré par Alexandre Boulatovitch et Nikolaï Leontiev, voyage notamment en Éthiopie. Il en rapporte de nombreux objets pour la Kunstkamera, aujourd’hui Musée d’ethnographie et d’anthropologie de l’Académie des sciences de Russie.

Engagé dans la cavalerie pendant la Première Guerre mondiale, il reçoit par deux fois la Croix de Saint-Georges, ordre honorifique russe qui récompense les mérites militaires.

En 1911, alors de retour à Saint-Pétersbourg, il fonde avec Sergueï Gorodetski l’Atelier des poètes, aussi appelé Guilde des poètes. Cet atelier ainsi que les réunions qui en découlent visent à rassembler des poètes et écrivains souhaitant évoquer les diverses questions esthétiques et artistiques de leur époque. C’est au cours de ces rassemblements que naît le mouvement de l’acméisme qui rompt avec le symbolisme à travers la simplicité et la concision d’une écriture nouvelle. Sont notamment présents lors de ces rencontres Sergueï Gorodetski, Anna Akhmatova, Ossip Mandelstam, Mikhaïl Kouzmine, Mikhaïl Zenkevitch, Gueorgui Ivanov et Vladimir Narbout.
Nikolaï est également le cofondateur de l’Union des écrivains de toutes les Russies.

En 1912 naît son fils Lev Goumilev qui deviendra l’un des historiens russes les plus importants, fondateur du « néo-eurasisme ». En 1918, Anna Akhmatova et lui se séparent.

Nikolaï, comme beaucoup d’intellectuels et écrivains russes à cette époque, est arrêté en 1921 par la Tchéka sous prétexte d’un fervent complot monarchiste. Il est exécuté le 26 août de la même année.
Pour beaucoup d’historiens, cette affaire est la première montée de toutes pièces par les services secrets des soviets, la conspiration de Tagantsev. Finalement, plus de huit cents personnes, principalement des intellectuels « susceptibles de s’opposer aux bolcheviks » sont réprimés, déportés ou exécutés.

Bibliographie

Poésie

  • Montagnes et gorges, 1901.
  • Le chemin des conquistadors, 1905.
  • Fleurs romantiques, 1908.
  • Perles, 1910.
  • Alien Sky, revue Apollon, 1912.
  • Feu de joie, Éditions Hyperborée, 1918.
  • Pavillon de porcelaine. Poèmes chinois, Éditions Hyperborée, 1918.
  • Chapiteau. Poèmes de 1918, Éditions de l’atelier des poètes, 1921.
  • Colonne de feu, Éditions Petropolis, 1921.
  • Nikolaï Goumilev, Poèmes, Traduction de Serge Fauchereau, Éditions Le Murmure, 2003.

Sur Nikolaï Goumilev

  • De Sergueï Makovski, Nicolas Gumilev (1886 - 1921) : Un témoignage sur l’homme et sur le poète, Traduction de Georges Nivat, Cahiers du Monde Russe et Soviétique, Éditions de l’EHESS, 1962.

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