Nicolas de Bonneville

Nicolas de Bonneville naît le 13 mars 1760 à Évreux.

Nicolas passe son enfance à Évreux, aux côtés de son père, Pierre-Jean de Bonneville, et de sa mère, Marie Marguerite Belin. Alors en première année de philosophie, il crée malgré lui un scandale en refusant de soutenir dans sa thèse l’athéisme de Jean-Jacques Rousseau. Il est ainsi poussé à quitter sa ville natale et à rejoindre Paris, où, tout comme son ami Pierre-Louis Siret, il débute des études de langues et de philologie. Très rapidement, et notamment grâce au soutien de D’Alembert qui lui procure de nombreux ouvrages, il se consacre à la traduction d’auteurs anglais et allemands. Il traduit par exemple l’Essay on the origins of freemasonry de celui qui deviendra son grand ami Thomas Paine. C’est également à cette période qu’il commence à écrire des vers ainsi que des imitations de la Bible.

En 1786, il part en Angleterre où il est initié à la franc-maçonnerie. Lorsqu’il revient en France, il rédige deux ouvrages sur la question, et accuse notamment les Jésuites d’avoir introduit la vie et la mort des Templiers dans la maçonnerie. Nicolas est également agrégé à la loge parisienne Les Amis réunis, fondée en 1771, et qui suit le système des Philalèthes. Il se lance ainsi rapidement dans la politique et fonde un journal intitulé Le Tribun du peuple. À la chute de la Bastille, il reçoit de la part de Bailly, alors maire de Paris, un brevet de lieutenant-colonel, le chargeant ainsi d’assurer le service du ravitaillement de la capitale par la Seine, depuis Rouen. Soutenu, il devient même président du district des Carmes, briguant ainsi la place de Jean-Paul Marat.

Le 13 octobre 1790 naît le Cercle social qu’il fonde avec l’abbé Fauchet. Accompagnés de Louis-Sébastien Mercier, Nicolas de Condorcet, et Thomas Paine, entre autres, ils souhaitent rallier le genre humain à « cette doctrine de l’amour qui est la religion du bonheur. » Nicolas, après avoir écrit dans une lettre au roi « mon père », demande la liberté de la presse, l’abolition du culte catholique, le partage des terres. Dans son traité De l’esprit des religions qu’il publie en 1791, il propose, dans le but de résoudre la question du bonheur social, une religion universelle qui aurait les philosophes et les savants pour prêtres.

Malgré sa réputation, il ne parvient pas à se faire élire, ni à l’Assemblée législative, ni à la Convention. Après quelques virulents désaccords avec ses paires, il se retire quelque temps à Évreux, où il poursuit diverses traductions suggérées par Thomas Paine. L’arrivée de Napoléon au pouvoir ne sera pas pour améliorer sa situation. Il est en effet emprisonné pour avoir caché le royaliste Antoine Joseph Barruel-Beauvert. Ses presses sont confisquées et Nicolas se trouve rapidement ruiné, se réfugiant chez son père, à Évreux, où il est placé sous surveillance policière. En 1802, sa femme et ses trois fils partent s’installer chez Thomas Paine aux États-Unis. Nicolas ne les rejoindra qu’après la chute de Napoléon.

Après quatre années aux États-Unis, il retourne à Paris où il travaille dans un petit commerce de livres dans le Quartier latin. Il vit en réalité dans la misère, et sa folie ne fait que s’exacerber.

Il meurt le 9 novembre 1828, à Paris, à l’âge de 68 ans. Victor Hugo, Charles Nodier et Alfred de Vigny prendront en charge ses frais d’enterrement. Nicolas de Bonneville est désormais considéré comme un précurseur du romantisme. Ses écrits, ses inspirations, ainsi que ses nombreuses traductions de Goethe, Lessing ou Schiller, ont permis l’avènement de cette nouvelle pensée.

Bibliographie

Éditions récentes

  • Le secret des templiers du 14e siècle, Orient de Londres, 2019.

Éditions originales

  • L’hymne des combats : hommage aux armées de la république, Imprimerie-Librairie du Cercle social, 1797.
  • Le Vieux tribun du peuple, Imprimerie du Cercle Social, 1793.
  • Les poésies de Nicolas Bonneville, Imprimerie du Cercle social, 1793.
  • De l’esprit des religions : ouvrage promis et nécessaire à la Confédération universelle des amis de la vérité, Imprimerie du Cercle social, 1792.
  • Nicolas Bonneville, électeur du département de Paris aux véritables amis de la liberté, Imprimerie du Cercle social, 1791.
  • Histoire de l’Europe moderne : depuis l’irruption des peuples du Nord dans l’Empire romain, jusqu’à la paix de 1783, 1789.
  • La maçonnerie écossaise, C. Lacour, 1788.
  • Le Tribun du peuple, ou, Recueil des lettres de quelques électeurs de Paris avant la Révolution de 1789, Imprimerie du Cercle social, 1789.
  • Les Jésuites chassés de la maçonnerie, et leur poignard brisé par les maçons, C. Volland, 1788.
  • Lettre de Nicolas de Bonneville à Mr. le Marquis de Condorcet, J. Rovinson, 1787.

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