Ni pillard, ni fuyard d’Antjie Krog

Ni pillard, ni fuyard d'Antjie Krog

Poèmes présentés et traduits de l’afrikaans par Georges-Marie Lory

Antjie Krog n’a pas l’audace gratuite. Elle vit profondément ses aspirations, ses colères et ses joies. Inlassable, elle écrit comme si la révolte devait s’exprimer tous les jours de l’année. Elle a publié dix recueils (Ni pillard ni fuyard rend compte de la diversité de ses textes de 1969 à 2003) et se taille depuis les années 1990 une place à part dans la littérature afrikaans. A l’instar de ses aînés André Brink et Breyten Breytenbach, d’Antjie Krog démontre que l’écriture est à la fois survie personnelle et arme de combat universelle.

Paru le 1er avril 2004

Éditeur : Le Temps qu’il fait

Genre de la parution : Recueil

Poème
de l’instant

Charles Cros

Sonnet

Moi, je vis la vie à côté,
Pleurant alors que c’est la fête.
Les gens disent : « Comme il est bête ! »
En somme, je suis mal côté.

J’allume du feu dans l’été,
Dans l’usine je suis poète ;
Pour les pitres je fais la quête.
Qu’importe ! J’aime la beauté.

Beauté des pays et des femmes,
Beauté des vers, beauté des flammes,
Beauté du bien, beauté du mal.

J’ai trop étudié les choses ;
Le temps marche d’un pas normal ;
Des roses, des roses, des roses !

Charles Cros, « Sonnet », Le Collier de griffes.