Nerfs de Jean-Pascal Dubost

Nerfs de Jean-Pascal Dubost

"Nerfs à vifs sans relâche et c’est ainsi, qu’ils me font fonctionner foncièrement qui je suis quel que soit quand je quitte l’habitat principal où je vis et demeure et travaille ils me font prendre peau d’horzain et me rendent frogné, alors partant, sac de proses et proses de terre en tête du mal d’horreur qui me travaille en ronge "loin des rumeurs de libération entretenues tout au long de la journée depuis Bagdad", et la rumeur aux trousses, j’entre en résidence au monde les mots à la bouche où que ce soit ainsi sans relâche aussi vif à Rennes -"

Paru le 1er décembre 2006

Éditeur : La Dragonne

Genre de la parution : Recueil

Poème
de l’instant

Carl Norac

Petit poème pour y aller

Un poème parfois, ce n’est pas grand-chose.
Un insecte sur ta peau dont tu écoutes la musique des pattes.
La sirène d’un bateau suivie par des oiseaux, ou un pli de vagues.
Un arbre un peu tordu qui parle pourtant du soleil.
Ou souviens-toi, ces mots tracés sur un mur de ta rue :
« Sois libre et ne te tais pas ! ».
Un poème parfois, ce n’est pas grand-chose.
Pas une longue chanson, mais assez de musique pour partir
en promenade ou sur une étoile,
à vue de rêve ou de passant.
C’est un aller qui part sans son retour
pour voir de quoi le monde est fait.
C’est le sourire des inconnus
au coin d’une heure, d’une avenue.
Au fond, un poème, c’est souvent ça,
de simples regards, des mouvements de lèvres,
la façon dont tu peux caresser une aile, une peau, une carapace,
dont tu salues encore ce bateau qui ouvre à peine les yeux,
dont tu peux tendre une main ou une banderole,
et aussi la manière dont tu te diras :
« Courage ! Sur le chemin que j’ai choisi, j’y vais, j’y suis ! ».
Un poème, à la fois, ce n’est pas grand-chose
et tout l’univers.

Carl Norac, inédit, pour le 22e Printemps des Poète / Le Courage