Naviguer dans les marges

Auteur : Luce Guilbaud

Naviguer dans les marges

texte de Luce GUILBAUD
illustré par Maïté LABOUDIGUE

Naviguer dans les marges, n’est-ce pas la fonction du poète ?
Naviguer dans le quotidien, sans fermer les yeux sur sa rudesse, quand le train avance, quand les feuilles tombent, quand il pleut ou quand celui qui tend la main / qui n’a plus ni frère ni maison / traverse un océan de rouille.
Naviguer dans les marges du rêve, quand les poissons vous appellent, quand les chevaliers passent l’arme à gauche, quand l’arbre vous hisse dans ses voilures…
Naviguer dans les phrases raffinées de Luce Guilbaud pour en déceler toute la fraîcheur. Prendre le temps de savourer les escales colorées proposées par Maïté Laboudigue, avant de repartir sur le chemin du poème, car quand le poème se met en marche (…) / il mâche un peu d’herbe boit un verre d’eau / ouvre la fenêtre / respire bouge et s’invente.

Paru le 1er juin 2013

Éditeur : Soc et foc

Genre de la parution : Jeunesse

Poème
de l’instant

Eugenio de Andrade

Blanc sur Blanc

Traverser le matin jusqu’à la feuille
des peupliers,
être frère d’une étoile, ou son fils,
ou peut-être père un jour d’une autre lumière de soie,

ignorer les eaux de mon nom,
les secrètes noces du regard,
les charbons et les lèvres de la soif,
ne pas savoir comment

l’on finit par mourir d’une telle hésitation,
un si grand désir
d’être flamme, de brûler ainsi d’étoile
en étoile,

jusqu’à la fin.

Eugenio de Andrade, Blanc sur Blanc, Traduit du portugais par Michel Chandeigne, Éditions de la Différence, 1988.