Mouvement d’adieu, constamment empêché

Auteur : Isabelle Baladine Howald

Mouvement d'adieu, constamment empêché

24. Nous ne nous étions pas vus depuis plusieurs jours.
Te voyant, une fente immédiate.
Nous ne nous sommes pas beaucoup parlé, gestes simples,
activités banales durant l’heure où tu fus là.
Plus tard je suis restée près de toi sous une pluie très fine
dans un ciel très clair.
Nous ne pouvions pas nous rapprocher davantage, nous
étions ensemble autant que possible (la très fine séparation
des peaux et des regards), nous étions conscients de
parvenir à nous tenir l’un près de l’autre, nous n’étions pas
ennemis, tout au contraire.

Paru le 1er novembre 2010

Éditeur : La Cabane

Genre de la parution : Recueil

Poème
de l’instant

Leconte de Lisle

Midi

Homme, si, le cœur plein de joie ou d’amertume,
Tu passais vers midi dans les champs radieux,
Fuis ! la Nature est vide et le Soleil consume :
Rien n’est vivant ici, rien n’est triste ou joyeux.

Mais si, désabusé des larmes et du rire,
Altéré de l’oubli de ce monde agité,
Tu veux, ne sachant plus pardonner ou maudire,
Goûter une suprême et morne volupté,

Viens ! Le Soleil te parle en paroles sublimes ;
Dans sa flamme implacable absorbe-toi sans fin ;
Et retourne à pas lents vers les cités infimes,
Le cœur trempé sept fois dans le Néant divin.

Leconte de Lisle, 1818-1894, « Midi », Poésies antiques, 1852.