Matière à joie de Frédéric Dieu

Matière à joie de Frédéric Dieu

Est-il en ma chair une région non corrompue où tu
demeures ? Saurai-je abriter quelque sanctuaire où
tu demeures et te plaises ? Ai-je enfin tant saccagé ma
demeure et vendu ma chair au plus offrant que tu ne
puisses plus y révéler la joie parfaite ?

La parole ou l’écriture nous élargit, ou bien nous cache – à nous-mêmes, aux autres –, comme un masque fait de mots. Mais elle peut aussi se faire exercice de vérité. Les mots deviennent alors les pas que laisse le poète derrière lui, traces sur le chemin parcouru par lui jusqu’à ce lieu où ce qu’il dit et ce qu’il est tendent à coïncider. Qu’y découvre-t-il alors ? Un visage « qui aime à s’imprimer » sur le coeur – sur la page. Dans ce nouveau recueil, Frédéric Dieu invite son lecteur à un voyage – « voyage au centre de mon coeur où parcourir l’écriture de ton visage. Voyage en commerce avec toi, voyage au centre de mon coeur où ton visage aime à s’imprimer. Voyage vers ce dont il se vêt, ce précieux linge pour toi. »

Frédéric Dieu est magistrat et poète. Après Processions (2012 ), Matière à joie est son deuxième recueil publié chez Ad Solem.

Paru le 5 décembre 2016

Éditeur : Ad Solem

Genre de la parution : Recueil

Poème
de l’instant

Valère Novarina

Chronophobie

Ici-bas dans la tourmente, il danse
Écoutez mes aïeux :
Je danse à la gueule de dieu

Traçant une ligne invisible
Entre n’être et naître pas
Entre naître et n’être pas
J’ai vécu vaille que vaille
Tout au fond d’l’univers
Le réel m’a pris en tenaille
Je danse à cœur ouvert

Le jour venu, mon âme d’animal
Si vous la trouvez en moi
Portez-la dans le sein d’Abraham !

Mai 2019, Valère Novarina, extrait de Chronophobie, poème inédit confié au Printemps des Poètes pour la 11e édition du Prix Andrée Chedid du Poème Chanté.