Marceline Desbordes-Valmore

Marceline Desbordes-Valmore naît le 20 juin 1786 à Douai.

Son père, Félix Desbordes, est un ancien peintre en armoiries devenu cabaretier après avoir été ruiné par la Révolution. Les finances de la famille sont au plus bas lorsqu’âgée de quinze ans seulement, Marceline part avec sa mère en Guadeloupe afin d’y trouver une aide financière auprès d’un cousin. Malheureusement, ce voyage s’avère être un vrai désastre. La traversée en bateau est une réelle épreuve pour les deux femmes qui s’affaiblissent grandement, au point qu’arrivée en Guadeloupe, la mère de Marceline est emportée par la fièvre jaune. Divers troubles politiques réduisent également l’aide financière que pouvait apporter le cousin. Marceline rentre donc en France, à Douai, chez son père.

Dès l’âge de 16 ans, Marceline devient comédienne. Elle joue à Douai, Lille, Rouen grâce notamment au compositeur Grétry, et à Paris. Elle est également chanteuse et cantatrice. Sa carrière théâtrale connaît un succès considérable. Elle joue principalement des rôles d’ingénues, dans des pièces de Pigault-Lebrun notamment. Marceline rencontre Talma, Marie Dorval, et surtout Mademoiselle Mars avec qui elle nouera de forts liens d’amitié jusqu’à la fin de sa vie.

Entre 1808 et 1812, Marceline décide d’arrêter temporairement le théâtre afin de se consacrer à son amour Eugène Debonne, de qui naît un fils Marie-Eugène en 1810. Mais suite au désaccord de la famille Debonne de voir leur fils épouser une ancienne comédienne, les amants se séparent. Leur fils meurt à six ans, en 1816.

En 1817, Marceline épouse le comédien Prosper Lanchantin, dit Valmore, dont elle aura trois enfants. Seul son fils, Hyppolite, lui survivra.

C’est en 1819 que paraît son premier recueil de poésie, intitulé Élégies et Romances. Apprécié, ce recueil lui ouvre les pages de plusieurs journaux tels que Journal des dames et des modes, l’Observateur des modes ou encore La Muse française, dans lesquels elle publiera quelques-uns de ses poèmes.

Marceline s’installe par la suite à Lyon, où elle continue de fréquenter son amant Henri de Latouche de qui elle aura une fille Ondine, également poétesse.

Après 1823, Marceline arrête définitivement sa carrière théâtrale pour se consacrer à l’écriture. Elle publie notamment Élégies et poésies nouvelles en 1824, Les Pleurs en 1833, Pauvres fleurs en 1839, et Bouquets et Prières en 1843. Grandement appréciées pour leur lyrisme, ces poésies sont même saluées par Louis-Philippe 1er qui octroie à Marceline une pension royale.

Marceline écrit également des nouvelles, des contes pour enfants ainsi qu’un roman autobiographie, intitulé L’Atelier d’un peintre, dans lequel elle exprime les difficultés que peut avoir une femme à être reconnue en tant qu’artiste.

Marceline, qui sera plus tard surnommée « Notre-Dame-des-Pleurs », en raison des nombreux drames qu’elle aura vécu, meurt le 23 juillet 1859 à Paris, dans son appartement situé au 59 rue de Rivoli.

Bibliographie

Œuvres

  • Chansonnier des grâces, 1817.
  • Élégies et Romances, 1819.
  • Les Veillées des Antilles, 2 tomes, Illustrations de Dupréel, 1821.
  • Elégies et Poésies nouvelles, 1825.
  • Album du jeune âge, 1829.
  • Poésies, 1830.
  • Les Pleurs, 1833.
  • L’Atelier d’un peintre, 1833.
  • Pauvres Fleurs, 1839.
  • Bouquets et Prières, 1843.
  • Poésies posthumes, 1860.

Rééditions

Poésies

  • Œuvres poétiques de Marceline Desbordes-Valmore, Édition complète établie et commentée par M. Bertrand, Presses Universitaires de Grenoble, 2 vol., 1973.
  • Poésies, préface d’Yves Bonnefoy, Éditions Gallimard, 1996.
  • Œuvre poétique intégrale de Marceline Desbordes-Valmore, réédition révisée et complétée avec des inédits, avant-propos de Marc Bertrand, Jacques André Éditeur, 1 vol., 2007.
  • Les Yeux pleins d’églises, avant-propos de Jean Ristat, préface de Claude Schopp, contenant quelques pages manuscrites, enluminées de fleurs séchées Éditions La Bibliothèque, 2010.
  • Poèmes choisis, Préface de Christine Planté, Points éditeur, 2010.

Romans

  • Les Petits Flamands, présentation de Marc Bertrand, Librairie Droz, 1991.
  • Domenica, présentation de Marc Bertrand, Librairie Droz, 1992.
  • Les Veillées des Antilles, présentation d’Aimée Boutin, Éditions L’Harmattan, 2006.

Contes et nouvelles

  • Contes, présentation de Marc Bertrand, Presses Universitaires de Lyon, 1996.
  • Huit femmes, nouvelles, présentation de Marc Bertrand, Librairie Droz, 1999.

Correspondance

  • Vingt-deux lettres, préface de Jean Le Mauve, Éditions L’Arbre, 1986.

Autobiographie

  • L’Atelier d’un peintre, roman autobiographique, texte établi par Georges Dottin, postface de Marc Bertrand, Miroirs Éditions, 1992.

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