Marc Patin, Le surréalisme donne toujours raison à l’amour de Christophe Dauphin

Marc Patin, Le surréalisme donne toujours raison à l'amour de Christophe Dauphin

En 1991, Guy Chambelland publiait deux plaquettes d’un poète « inconnu », mort en 1944 à l’âge de vingt-quatre
ans, en Allemagne. Etant donné la vie brève de cet artiste, nous pouvions croire que la totalité de l’œuvre avait été éditée. Il
n’en est rien. Christophe Dauphin en a fait le constat et a entrepris de faire connaître la vie et l’œuvre de Marc Patin, sur
lequel il n’existait aucun travail. Marc Patin, un inconnu ? A dire vrai, ce poète s’était illustré dès 1938, au sein, tout d’abord
du groupe néo-dadaïste des Réverbères qui, en 1938, publia une revue éponyme, puis au sein du groupe surréaliste de la Main
à Plume, dont il fut l’un des fondateurs et la plus grande révélation poétique. Alors que la France est écrasée par la botte
nazie, et en l’absence d’André Breton, la Main à Plume mènera clandestinement ses actions littéraires de 1941 à 1944, tout en
refusant de se soumettre aux règles de la censure. C’est cette aventure que Christophe Dauphin fait revivre, après avoir
consacré au poète, divers dossiers et numéros spéciaux en revues qui ont été salués par la critique. Avec, pour toile de fond,
l’histoire peu connue du surréalisme et de la poésie française dans les méandres de la période trouble et douloureuse de
l’Occupation, ce livre-événement ressuscite, en même temps qu’un grand poète surréaliste, le merveilleux poète de l’amour
que Paul Eluard tenait pour son égal et que saluèrent aussi plusieurs contemporains majeurs, dont Pablo Picasso ; un poète
d’exception, marqué par le destin et demeuré trop longtemps ignoré. Considérable, son œuvre poétique totalise plus de 700
poèmes, pour la plupart inédits, à l’écriture toujours neuve et poignante. Poème après poème, Marc Patin établit sa vision de
l’homme idéal transcendé par l’amour fusionnel et visionnaire de la Femme magique. Utopie d’autant plus émouvante que la
Femme magique deviendra un absolu pour celui qui ne cessera pas d’en chercher l’incarnation tout au long de sa courte vie.
Le moteur de l’œuvre de Patin est dans cette dimension authentique et toujours surprenante de l’amour, en ce qu’il confronte
avec violence, sans nul ménagement, l’homme et la femme.
L’auteur :
Poète, essayiste, critique littéraire, Christophe Dauphin (né en 1968, à Nonancourt, dans l’Eure) est Directeur de la
revue Les Hommes sans épaules et membre du comité de rédaction de la revue Supérieur Inconnu. Il tient une chronique
régulière dans Poésie 1 / Vagabondages et dans Ici é là. Christophe Dauphin est l’auteur de neuf recueils et plaquettes de
poèmes et de six essais de référence, en particulier, sur les œuvres de James Douglas Morrison, Jean Breton et Sarane
Alexandrian.

Paru le 1er décembre 2006

Éditeur : Librairie Galerie Racine

Genre de la parution : Biographie

Poème
de l’instant

Charles Cros

Sonnet

Moi, je vis la vie à côté,
Pleurant alors que c’est la fête.
Les gens disent : « Comme il est bête ! »
En somme, je suis mal côté.

J’allume du feu dans l’été,
Dans l’usine je suis poète ;
Pour les pitres je fais la quête.
Qu’importe ! J’aime la beauté.

Beauté des pays et des femmes,
Beauté des vers, beauté des flammes,
Beauté du bien, beauté du mal.

J’ai trop étudié les choses ;
Le temps marche d’un pas normal ;
Des roses, des roses, des roses !

Charles Cros, « Sonnet », Le Collier de griffes.