Manquant tomber d’Alain Levêque

Manquant tomber d'Alain Levêque

« Il faut prêter attention à la poésie d’Alain Lévêque. Je vois en elle des aspects de la création poétique que notre époque a décidé de négliger, voire de proscrire, privant celui qui se veut poète d’accéder au plus originel de sa vocation à écrire. (…) Le matin de l’esprit brille clair dans ce beau livre. Et c’est vrai que le jour s’est parfois levé dans son écriture d’une façon quasiment soudaine, ce qui incite à penser qu’existe bien chez Alain Lévêque cet autre qui, s’éveillant ainsi, pourrait bien s’imposer alors aux dépens de tout autre emploi de la parole. J’ai eu la chance de voir naître les poèmes qui paraissent aujourd’hui, ce fut pendant quelques semaines un surgissement inattendu, des suites de 15 à 30 vers, rarement plus, imposant leur rythme, large, accueillant, et montrant aussi, dans le lieu d’existence lavé comme par l’averse l’est une vitre, non seulement le sophora ou la brouette d’un jardinier ou une entrée de métro - ou "la cristalline, la discrète jasione des montagnes" - mais l’air même, l’air de la neuve journée qui prend tout cela dans ses mains légères, l’une le tout, l’autre le rien. En somme, une suffisance. (…) Un livre de poésie nous incite à une question sur la musique. Ce n’est peut-être pas là sa façon la moins courageuse d’être fidèle au voeu qui a rassemblé les poètes à travers l’histoire et, en voici la preuve, garde sens encore aujourd’hui. » Yves Bonnefoy

Paru le 1er octobre 2011

Éditeur : L’Escampette

Genre de la parution : Recueil

Poème
de l’instant

Valère Novarina

Chronophobie

Ici-bas dans la tourmente, il danse
Écoutez mes aïeux :
Je danse à la gueule de dieu

Traçant une ligne invisible
Entre n’être et naître pas
Entre naître et n’être pas
J’ai vécu vaille que vaille
Tout au fond d’l’univers
Le réel m’a pris en tenaille
Je danse à cœur ouvert

Le jour venu, mon âme d’animal
Si vous la trouvez en moi
Portez-la dans le sein d’Abraham !

Mai 2019, Valère Novarina, extrait de Chronophobie, poème inédit confié au Printemps des Poètes pour la 11e édition du Prix Andrée Chedid du Poème Chanté.