Mais une galaxie

Auteur : Mathieu Bénézet

Mais une galaxie

Ce quatrième volume des Analectes traverse l’œuvre poétique de Mathieu Bénézet des Dits et récits du mortel (1977) à L’Aphonie de Hegel (2000). Il fait suite, d’une certaine manière, au volume rétrospectif… Et nous n’apprîmes rien, qui regroupe les livres écrits avant trente ans. La présente anthologie, dont le choix incombe à l’auteur, propose, par pans ou par fragments, certains des poèmes qui ont imposé Mathieu Bénézet comme l’une des voix non communes du monde poétique moderne ; ainsi lira t-on ici des pages de La fin de l’homme, de l’Ode à la poésie et de L’Aphonie de Hegel, pour ne citer que trois des titres les plus fameux de cet auteur. Lequel signale dans le texte liminaire « le caractère hybride, presque déjanté » de ses livres ; est-ce pour vouloir inlassablement fondre les figures d’Orphée et d’Euridyce dans un mythe unique et énergique, ou par désir propitiatoire d’inscrire sa poésie dans le sillage rayonnant des poètes qui depuis toujours l’accompagnent : Hugo, Rimbaud, Mallarmé, Ghil, Breton, Aragon, Frénaud… ? Le corps auquel se collète Mathieu Bénézet est-il autre chose que le livre toujours à venir — figure symbolique éclatée, mais pourtant réelle, dont on ne sait jamais si c’est le poème qui rassemble dans ses bribes les fragments du vivant ou le contraire — « morceau de soi détaché » comme l’écrivit Jacques Derrida à propos des Dits et récits du mortel. Ici, morceaux de choix !

François Boddaert

Paru le 15 mars 2005

Éditeur : Le Temps qu’il fait

Genre de la parution : Anthologie

Poème
de l’instant

Valère Novarina

Chronophobie

Ici-bas dans la tourmente, il danse
Écoutez mes aïeux :
Je danse à la gueule de dieu

Traçant une ligne invisible
Entre n’être et naître pas
Entre naître et n’être pas
J’ai vécu vaille que vaille
Tout au fond d’l’univers
Le réel m’a pris en tenaille
Je danse à cœur ouvert

Le jour venu, mon âme d’animal
Si vous la trouvez en moi
Portez-la dans le sein d’Abraham !

Mai 2019, Valère Novarina, extrait de Chronophobie, poème inédit confié au Printemps des Poètes pour la 11e édition du Prix Andrée Chedid du Poème Chanté.