Madame de La Fayette

Marie- Madeleine Pioche de La Vergne, comtesse de La Fayette est née à Paris le 18 mars 1634. Elle fut dame d’honneur de la reine Anne d’Autriche et développe une éducation littéraire auprès du grammairien Ménage. Son destin littéraire a débuté en partie avec sa rencontre avec la marquise de Sévigné (nièce de son beau-père) puis avec La Rochefoucauld avec qui elle a tissé des liens avant de côtoyer le monde des lettres, au sens large et de s’enrichir de rencontres avec Racine, Corneille et autres. Elle crée son propre salon littéraire.
Madame de La Fayette signe ses premiers écrits La princesse de Montpensier (1662) et Zaïde (1670) de manière anonyme, puisque l’écriture, vue de son rang aristocratique était mal venue.

Son plus grand succès (toujours dans l’anonymat) La Princesse de Clèves (1678) s’inscrit dans un concept moderne du roman d’analyse des rouages des sentiments. Il figure dans la prestigieuse collection « La Pléiade ». Elle est aussi l’auteure de la biographie d’Henriette d’Angleterre, publiée à titre posthume.

Elle figure dans le Dictionnaire des Précieuses, paru en 1661 ; ces femmes avant-gardistes qui appartiennent à l’éclosion des femmes de lettres qui revendiquent ce statut de reconnaissance.

Elle décède à Paris, le 25 mai 1693.

Extrait

« Par vanité ou par goût, toutes les femmes souhaitent de vous attacher. Il y en a peu à qui vous ne plaisiez ; mon experience me ferait croire qu’il n’y en a point à qui vous ne puissiez plaire. Je vous croirais toujours amoureux et aimé, et je ne me tromperais pas souvent. Dans cet état, néanmoins, je n’aurais d’autre parti à prendre que celui de la souffrance ; je ne sais même pas si j’oserais me plaindre. On fait des reproches à un amant ; mais en fait-on à un mari, quand on a qu’à lui reprocher de n’avoir plus d’amour ? Quand je ne pourrais m’accoutumer à cette sorte de malheur, pourrais-je m’accoutumer à celui de croire voir toujours M. de Clèves vous accuser de sa mort, me reprocher de vous avoir aimé, de vous avoir épousé, et me faire sentir la différence de son attachement au vôtre ? Il est impossible, contiua-t-elle, de passer par-dessus des raisons si fortes : il faut que je demeure dans l’état où je suis et dans les résolutions que j’ai prises de n’en sortir jamais ».

Madame de La Fayette, La Princesse de Clèves, Édition Le Livre de Poche, collection Classiques, 1973.

Bibliographie

  • Portrait de la marquise de Sévigné, par madame la comtesse de la Fayette, sous le nom d’un inconnu, (dans le recueil de madame de Montpensier "Divers portraits" (1659).
  • La Princesse de Montpensier, 1662, puis 1674 et 1675.
  • Zaïde, histoire espagnole, Paris, Claude Barbin, 1671.
  • La Princesse de Clèves, À Paris, chez Claude Barbin, 16 mai 1678 [anonyme]. (traduit en anglais en 1689 à Londres).
  • Romans et Nouvelles, Paris, Classiques Garnier, 1989.
  • La Comtesse de Tende (1724), posthume.
  • Histoire de madame Henriette d’Angleterre, première femme de Philippe de France, Duc d’Orléans, Amsterdam, M.-C. Le Cène, 1720.
  • Mémoires de la cour de France pour les années 1688 et 1689, Paris, Foucault, 1828.
  • Lettres de Mme de La Fayette à Mme de Sablé, vers 1663–65.