Ma vie sans moi d’Armand Robin

Ma vie sans moi d'Armand Robin

Médéa propose une version nouvelle, une mise en vers contemporaine de la Médée d’Euripide, dont elle suit le découpage et les dialogues jusqu’au drame qui en est le ressort horrifié : le meurtre de ses fils par une mère désavouée. Le registre choisi par Mathieu Bénézet surprendra peut-être, à une époque où la « révision » du répertoire classique s’accommode souvent de l’esbroufe et de l’anachronisme. Au contraire, la parole est ici hiératique, altière, dramatisée : sans s’interdire la violence ou la crudité, elle parvient à rejoindre la sphère intemporelle, celle du mythe ou de l’archétype, que nous a léguée le théâtre grec. Pourquoi écrire une nouvelle Médée ? s’interroge en ouverture l’auteur, qui répond un peu plus loin, citant holderlin, que le moderne est la répétition de l’ancien…
Né en 1946, Mathieu Bénézet a publié chez Flammarion une douzaine de volumes, dont La Fin de l’homme, Ceci est mon corps, L’Océan jusqu’à toi, Détails, apostilles, Et nous n’apprîmes rien.

Paru le 1er janvier 2005

Éditeur : Gallimard

Genre de la parution : Recueil

Poème
de l’instant

Ludovic Janvier

Bientôt le soleil

« Je ne cherche pas l’essor, l’oubli, la grâce, je sais qu’ils me sont impossibles. Et d’ailleurs je ne le voudrais pas. L’ange me fait peur. Non, je cherche la présence et le poids, ou plus exactement la présence me cherche, le poids me trouve, le poids sur moi de la lumière comme un mur, la présence à plein regard de la mer qui fait masse ou du feuillage hanté par le ciel. De sorte que les jours de timidité, ou de trop fort vouloir, je reste pris dans la glu du moment, prisonnier du trop plein jusqu’à la nausée. Les jours de décision, j’allais dire de légèreté mais ne te vante pas, je vois sortir de moi une réponse, plus ou moins claire, plus ou moins simple, plus ou moins forte. Content ? Non, jamais content. Mais, quand même, content. »

Ludovic Janvier, Bientôt le soleil, Flohic Éditions, 1998.