Ma malle pèse 57 kilos sans mon galurin gris de Gilles Durieux

Ma malle pèse 57 kilos sans mon galurin gris de Gilles Durieux

Ses amis l’appellent "Mon Gilles", "Not’Gilles", "Mon Gillou" et le Gilles, il en a des amis !
Il y a Cendrars à qui il emprunte le titre de ce livre, Rimbaud, Eluard, Apollinaire, Charles le Quintrec, Tristan Corbière, Louis Brauquier, André Frédérique, et j’en passe. La manière d’écrire de Gilles Durieux, syncopée ou chaloupée, produit une mélodie étrange, simple et subtile à la fois, dont je ne trouve pas l’équivalent chez nos contemporains. Parfois, on dirait que tel ou tel poème est traduit de l’américain, car une certaine poésie américaine d’aujourd’hui a bien plus de liberté d’écriture qu’une certaine poésie française.
Ce qui n’a rien d’américain, en revanche, ce sont des mots, des expressions, des images qu’il va chercher dans le breton, bien sûr, mais aussi dans une langue mystérieuse, sonore et bigarrée, dont il semble être le seul à connaître les racines et les etymologies.
Dans la "brumaille", "la fouette" et "la fouaille", Gilles, jongleur de mots, s’en donne à coeur joie et batifole comme un gamin facétieux.
Il apporte une grande bouffée d’air iodé dans notre poésie.
Voilà pourquoi j’aime ces moments de bohneur, de nostalgie, et ces coups de gueule souvent masqués de pudeur, que sont les poèmes de Durieux.
Ils sont aussi de grands sémaphores d’amitié.

Jean Orizet (extrait de la préface)

Paru le 1er mai 2006

Éditeur : Le Cherche-Midi

Genre de la parution : Recueil

Poème
de l’instant

Olivier Barbarant

Essais de voix malgré le vent

Voilà dix ans que je tente passer la rampe sans trop forcer les choses ni les mots gaspillés
Tant que faire se peut à éviter les coups de glotte ou le leurre d’en rajouter
Dix ans à prendre les pages pour cet étrange mégaphone où le murmure porte au loin sans briser si possible sa première douceur
À croire qu’avec le livre ouvert c’est le frisson qui se propage et qui peut-être se survit

Dix ans à vous prêter entre mon corps et l’ombre ce bruit de branche agitée qu’un jour vous aussi avez entendu
Sans toujours songer à le dire si bien que je le fais pour vous
Rêvant des phrases et formes de remords comme une mûre dans les ronces
Rompant lentement le silence jusqu’à nos lèvres écorchées
Pour faire place au peu de jours de vous à moi qui nous rassemble.

Essais de voix malgré le vent, Éditions Champ Vallon, 2004.