Louisa suivi de Derniers poèmes d’Évelyne Nourlier

Louisa suivi de Derniers poèmes d'Évelyne Nourlier

Née à Cambrai en 1946, Évelyne « Salope » Nourlier nous a quittés le 16 juillet 2002.
Elle travaillait dans un hôpital. Elle a été publiée pour la première fois dans l’anthologie de poètes « fous et crétins » Cadavre grand m’a raconté (1986). L’année suivante parait aux éditions du Dépli amoureux une plaquette, Pages choisies, préfacée et illustrée par Guy Ferdinande " elle constitue la base du volume Écrits publié par Le Corridor bleu en 2002. Poésie douloureuse, acharnée, qui rend compte d’une expérience existentielle et spirituelle d’une grande intensité.
Après un long séjour dans un monastère et un long silence, Évelyne Nourlier reprend l’écriture au milieu des années 1990, mais, pour canaliser la violence de son inspiration, elle recourt à une forme difficile, le vers arithmonyme, inventé par Ivar Ch’Vavar. Ses nouveaux poèmes paraissent dans la revue de ce demier « Le Jardin ouvrier », avant d’être réunis dans le recueil Sur la plage de Berck (éd. du Jardin ouvrier 2001).
En 2000, Évelyne rencontre à Rennes une jeune admiratrice, Louisa Ste Storme. C’est le début d’un grand amour dont vont témoigner deux textes extraordinaires, Comment j’ai rencontré É. Salope Nourtier et m’a-t-elle mise aux plus mâles, de Louisa Ste Storme (éd. du Jardin ouvrier) et Louisa, d’Évelyne, en vers arithmonymes, que nous publions pour la première fois dans son intégralité.
Dans les dernières semaines de sa vie, Évelyne Nourtier revint à une forme d’écriture moins contraignante pour produire la bouleversante série de ses derniers poèmes, totalement inédite jusqu’ici.

Paru le 1er janvier 2004

Éditeur : Atelier de l’agneau

Genre de la parution : Recueil

Poème
de l’instant

Lorand Gaspar

Approche de la parole

Le poème n’est pas une réponse à une interrogation de l’homme ou du monde. Il ne fait que creuser, aggraver le questionnement. Le moment le plus exigeant de la poésie est peut-être celui où le mouvement (il faudrait dire la trame énergétique) de la question est tel - par sa radicalité, sa nudité, sa qualité d’irréparable - qu’aucune réponse n’est attendue plutôt, toutes révèlent leur silence. La brèche ouverte par ce geste efface les formulations. Les valeurs séparées, dûment cataloguées, qui créent le va-et-vient entre rives opposées sont, pour un instant de lucidité, prises dans l’élan du fleuve. De cette parole qui renvoie à ce qui la brûle, la bouche perdue à jamais.

Approche de la parole,
Éditions Gallimard, 1978.