Louis Chedid, coll. "Poésie et chanson" par Brigitte Kernel

Louis Chedid, coll. "Poésie et chanson" par Brigitte Kernel

« Andrée Chedid », dans la collection « Poètes d’aujourd’hui », « Louis Chedid » et « -M- », à présent, dans la collection « Poésie et chansons » : une famille, trois ouvrages des Éditions Seghers au carrefour des cultures et des générations.
Auteur-compositeur-interprète né en 1948 en Égypte, Louis Chedid entre en scène en 1972 avec « Balbutiements », produit chez Barclay. Trois décennies et quinze albums plus tard, l’artiste continue à remplir les salles de concert. En témoigne le succès « Bouc-Bel-Air », en 2001, et de son dernier album, « Un ange passe », sorti en 2004.
L’ouvrage de Brigitte Kernel permet de suivre l’itinéraire personnel et musical de l’artiste avec lequel s’est instaurée une indéniable connivence. Grande amoureuse de la chanson française, la journaliste a suivi pas à pas, album après album, les années de formation, puis la carrière de Louis Chedid. Une enfance au croisement de trois cultures, le refus de l’école, la première guitare, la belle vie à Bouc-Bel-Air, la passion du ciné, un premier disque chez Barclay, l’Olympia, les joies et les peines, les duos avec Matthieu…
L’anthologie qui accompagne cette étude biographique offre un panorama très représentatif des thèmes abordés par Louis Chedid et de la tonalité de ses textes. « Matthieu Mogodo », « Egomane », « Anne, ma soeur Anne », « Rien que pour toi », « N’oublie pas la capote », « À tu et à toi », « Sale dimanche, putain d’amour », « T’as beau pas être beau »… nous entraînent dans un univers où les choses sont dites simplement, sans emphase, sur le ton d’une conversation fraternelle, humour, coups de coeur et coups de gueule mêlés.

Paru le 1er octobre 2005

Éditeur : Seghers

Genre de la parution : Anthologie

Poème
de l’instant

Lettres à Sophie Volland

10 juillet 1759,

J’écris sans voir. Je suis venu ; je voulais vous baiser la main et m’en retourner. Je m’en retournerai sans cette récompense ; mais ne serai-je pas assez récompensé si je vous ai montré combien je vous aime ? Il est neuf heures, je vous écris que je vous aime. Je veux du moins vous l’écrire ; mais je ne sais si la plume se prête à mon désir. Ne viendrez-vous point pour que je vous le dise et que je m’enfuie ?

Adieu, ma Sophie, bonsoir ; votre cœur ne vous dit donc pas que je suis ici ? Voilà la première fois que j’écris dans les ténèbres : cette situation devrait m’inspirer des choses bien tendres. Je n’en éprouve qu’une : je ne saurais sortir d’ici. L’espoir de vous voir un moment m’y retient, et j’y continue de vous parler, sans savoir si j’y forme des caractères. Partout où il n’y aura rien, lisez que je vous aime.

Denis Diderot, Lettres à Sophie Volland.