Les solitaires intempestifs

Contact

Château de la Bouloie - 1 Chemin de Pirey -

25000

Besançon

La pensée, la poésie et le politique (Dialogue avec Jack Ralite) par Karelle Ménine

1er mars 2015

La pensée, la poésie et le politique (Dialogue avec Jack Ralite) par Karelle Ménine

Homme politique et communiste singulier, passionné de théâtre, ami d’Aragon, de Jean Vilar, complice d’Antoine Vitez, Jack Ralite est de cette époque où les acteurs politiques et les artistes tentaient de nouvelles voies de discussion. Il est aussi celui qui, depuis plus de cinquante ans, ne cesse de secouer le champ du politique. Il a pour les poètes un véritable amour et ses discours et analyses sont pétris de ses échanges avec eux.
En délaissant le dialogue avec les poètes, les hommes et femmes (…)

Ce que signifiait Laurent Terzieff

1er décembre 2011

Ce que signifiait Laurent Terzieff

Reconnaître à l’art une dimension sacrée, y compris dans une société laïque, ou plutôt justement dans une société laïque, c’est le désigner comme une zone franche et inaliénable où puisse se donner libre cours au bénéfice de tous, je te cite "l’alliance du verbe et de la présence vivante dans une cérémonie collective qui transcende notre représentation du monde".

Le dernier poète expressionniste (écrits sur Pasolini)

1er décembre 2005

Le dernier poète expressionniste (écrits sur Pasolini)

d’Hervé Joubert-Laurencin
Le dernier poète expressionniste, c’est lui : c’est Pasolini.
« Dernier » comme on appelle dernier des hommes un personnage de Murnau.
« Dernier poète » parce qu’on cherche encore qui pourrait aujourd’hui représenter et assumer la vieille figure du Poète.
« Expressionniste » parce que la vraie découverte est l’originalité de son œuvre, propre à changer la vie, non à l’accompagner ou à la réformer.
« Dernier poète expressionniste » comme on peut le lire à travers l’écriture (…)

Je meurs comme un pays de Dimítris Dimitriádis

1er octobre 2005

Je meurs comme un pays de Dimítris Dimitriádis

texte original en grec traduit par Michel Volkovitch
Qui n’a pas vu des gens mourir sur les routes martelés par une main invisible ne peut comprendre ce que représente, ce qu’est la mort d’un pays, pas plus que celui qui n’a pas senti son propre corps inexistant, inemployé, injustifié, insignifiant, indésirable, inassouvi, sa fameuse force motrice interrompue, rompue, coupée du feu intestin de l’émotion.
"S’il y a un héros dans ce livre apparemment sans personnage, c’est sans doute le langage, les (…)

Sermons joyeux (De la lente corruption des âmes dans la nuit tombante)

1er septembre 2004

Sermons joyeux (De la lente corruption des âmes dans la nuit tombante)

Oui ça va mal
oui les temps sont critiques
et de tous les malheurs qui grognent à nos mollets
de tous les abandons qui nous vident le coeur
de toutes les défaites qui nous brisent la nuque
l’enfermement où dans ces heures poisseuses
on tient désormais la langue notre langue
la langue commune la langue partagée populaire
celle-là l’improbable la sauvage et la douce
qui dit la bonté de l’instant
et la chiennerie des jours
cet enfermement-là
qui n’apparaît pas
qu’on ne sent pas
qui ne (…)

Poème
de l’instant

Lorand Gaspar

Approche de la parole

Le poème n’est pas une réponse à une interrogation de l’homme ou du monde. Il ne fait que creuser, aggraver le questionnement. Le moment le plus exigeant de la poésie est peut-être celui où le mouvement (il faudrait dire la trame énergétique) de la question est tel - par sa radicalité, sa nudité, sa qualité d’irréparable - qu’aucune réponse n’est attendue plutôt, toutes révèlent leur silence. La brèche ouverte par ce geste efface les formulations. Les valeurs séparées, dûment cataloguées, qui créent le va-et-vient entre rives opposées sont, pour un instant de lucidité, prises dans l’élan du fleuve. De cette parole qui renvoie à ce qui la brûle, la bouche perdue à jamais.

Approche de la parole,
Éditions Gallimard, 1978.