Les planches sur mon dos m’apprennent à marcher

Jean Portante

les planches sur mon dos m’apprennent à marcher
la tête en bas.

quand la ville se pose sur mes
pieds elle oublie sa vieillesse.

l’espoir est un manteau auquel il
manque un peu d’hiver.

c’est bon pour le moral.

il faudrait que coule en lui un filet
d’huile d’olive.

n’est-ce pas lui la rouille noire
que traverse l’origine.

n’est-ce pas elle la
guerre blanche qui refroidit l’haleine.

Poème publié dans l’anthologie Une salve d’avenir. L’espoir, anthologie poétique, parue chez Gallimard en Mars 2004

Poème
de l’instant

Jacques Ancet

La dernière phrase

Il n’y a ni drame ni déchirure.
On dirait dans le jour un infime
vertige. Rien ne change mais tout
vacille. ce qu’on voit, on le voit
comme s’il venait de s’absenter
et que chaque objet portait encore
une trace de ce qui s’éloigne.
Un peu de chaleur avant le froid.
Une attente qui n’attend plus rien.

Jacques Ancet, La dernière phrase, Frontispice de Paul Hickin, Éditions Lettres vives, 2004.