Les gens de la côte Monzer Masri

poèmes traduits de l’arabe (Syrie) par Claude Krul

alidades 2005, collection ’Création’,

Une poésie faite d’instantanés. Décors vite esquissés, scènes fugaces, brefs dialogues surgis de la mémoire ou pris sur le vif, attitudes caractéristiques, sont autant d’occasions de recréer, par petites touches, discrètement, l’intensité des émotions et des situations de la vie, dans une sorte de distance bienveillante, amusée parfois, ironique quelquefois et toujours un peu nostalgique. Cet ensemble constitue le premier recueil publié en français de Monzer Masri. Après Chawqi Baghdadi et Abou Afach, nous espérons ainsi contribuer à la découverte des voix importantes de la poésie syrienne d’aujourd’hui.

Monzer Masri est né en 1949 à Lattaquié, ville syrienne du littoral méditerranéen où il réside actuellement. Il est l’auteur d’une dizaine de recueils de poèmes, parus à Damas, Beyrouth et Londres.

Paru le 1er septembre 2005

Éditeur : Alidades

Genre de la parution : Recueil

Poème
de l’instant

Charles Cros

Sonnet

Moi, je vis la vie à côté,
Pleurant alors que c’est la fête.
Les gens disent : « Comme il est bête ! »
En somme, je suis mal côté.

J’allume du feu dans l’été,
Dans l’usine je suis poète ;
Pour les pitres je fais la quête.
Qu’importe ! J’aime la beauté.

Beauté des pays et des femmes,
Beauté des vers, beauté des flammes,
Beauté du bien, beauté du mal.

J’ai trop étudié les choses ;
Le temps marche d’un pas normal ;
Des roses, des roses, des roses !

Charles Cros, « Sonnet », Le Collier de griffes.