Les fleurs de mai de Ventadour de W. S. Merwin

Les fleurs de mai de Ventadour de W. S. Merwin

Sur les traces du duc Guillaume d’Aquitaine, premier troubadour, du roi Richard Cœur-de-Lion qui fut emprisonné en Allemagne avant que sa mère Aliénor ne le rachète, des chanteurs arabes qui nourrirent secrètement la lyrique chrétienne, de l’occitan, cette langue d’or depuis des siècles en voie d’extinction et miraculeusement toujours illustrées par de grands poètes…
Cette actualité de la langue ramène à l’aventure que furent, en France même, les séjours du poète américain, découvrant tout d’abord un monde paysan encore teinté de mœurs et de paroles médiévales et, au retour de quelques années d’« exil » aux USA, s’apercevant que cette civilisation quasi-néolithique dont il avait cueilli les derniers échos était morte.
Ce qui ne tarit pas l’amour qu’il porte encore à ce pays, berceau de la poésie et de valeurs humaines dont Merwin se montre un ardent défenseur. Il s’en fait le chroniqueur patient après avoir enquêté en Quercy et plus encore autour du mont Ventadour, s’appliquant à la lecture des paysages et des personnes avec autant de scrupule et d’attention que si tout cela était aussi menacé d’être anéanti. Peut-être cela l’est-il, sans que nous autres ici soyons capables de le deviner, alors que cet enfant d’Amérique qui brosse des aquarelles limpides et souffrantes de ses enfances de fils de pasteur, fait transiter, par ses traductions comme par ses œuvres, notre vaste héritage dans une autre dimension, celle d’une arche capable d’en sauver au moins l’ombre et l’écho.
Pour le public français, en attendant de connaître la grande œuvre de Merwin, ce petit livre nous paraît être un viatique excellent.

Paru le 1er janvier 2007

Éditeur : Fanlac

Genre de la parution : Recueil

Poème
de l’instant

Lettre à George Sand

25 juillet 1833,

Mon cher George,

J’ai quelque chose de bête et de ridicule à vous dire. Je vous l’écris sottement, au lieu de vous l’avoir dit, je ne sais pourquoi, en rentrant de cette promenade. J’en serai désolé ce soir. Vous allez me rire au nez, me prendre pour un faiseur de phrases dans tous mes rapports avec vous jusqu’ici. Vous me mettrez à la porte et vous croirez que je mens. Je suis amoureux de vous, je le suis depuis le premier jour où j’ai été chez vous.

Alfred de Musset, 1810-1857, Lettre à George Sand.