Les dieux pélerins

Auteur : Jean Métellus

Les dieux pélerins

Chacun des poèmes, dans Les dieux pèlerins semble arriver comme à travers l’air, et ne former ses vers, pour nous, que dans un froissement rapide. Et bientôt le poème s’interrompt. Est-il pressé de s’effacer dans le silence ?
Dieux ou poèmes pèlerins : il s’agit, pour Métellus, de capter le présent multiple du monde, de jeter des réseaux agiles de vers sur des lambeaux qui fuient. Jamais peut-être les poèmes de Métellus n’ont été aussi accordés à l’instabilité, aujourd’hui, du réel.
PASSÉS, PRÉSENT
Qui aborderait l’oeuvre de Métellus par ce dernier recueil ne saisirait peut-être pas nettement la richesse temporelle qui s’y trouve pourtant impliquée.
Le présent transparent et aérien des Dieux pèlerins est, comme l’ombre chez Rembrandt, habité. Maints passés y font sentir leurs pressions, avec toute la diversité de leurs pulsations temporelles respectives. Faudrait-il les énumérer, essayer de les rendre distincts, de rendre ce qui leur revient ?
Histoire - séculaire ou récente - d’Haïti, histoire de l’Occident, profondeur temporelle des langues - le créole, le français - ou des littératures, succession des générations, passé collectif - celui, par exemple, de la ville natale ou de la famille - aussi bien qu’individuel : tout cela, dans des oeuvres antérieures de Métellus s’était déjà richement imposé.

Paru le 1er septembre 2004

Éditeur : Les éditions de Janus

Genre de la parution : Recueil

Poème
de l’instant

Valère Novarina

Chronophobie

Ici-bas dans la tourmente, il danse
Écoutez mes aïeux :
Je danse à la gueule de dieu

Traçant une ligne invisible
Entre n’être et naître pas
Entre naître et n’être pas
J’ai vécu vaille que vaille
Tout au fond d’l’univers
Le réel m’a pris en tenaille
Je danse à cœur ouvert

Le jour venu, mon âme d’animal
Si vous la trouvez en moi
Portez-la dans le sein d’Abraham !

Mai 2019, Valère Novarina, extrait de Chronophobie, poème inédit confié au Printemps des Poètes pour la 11e édition du Prix Andrée Chedid du Poème Chanté.