Les derniers grecs

Auteur : Jean Esponde

Les derniers grecs

Le chef des esclaves :
Diaïos a voulu négocier avec moi parce que je suis un responsable des dockers sur le port de Léchée.
De là on peut s’éloigner facilement par le golfe de Corinthe. Il y a pensé, et moi aussi. Disposé à rendre leur liberté aux esclaves, à tout promettre, les unir au petit peuple taxé de tous côtés et maintenant en armes. Il ne savait où trouver quelqu’un, un intermédiaire, des renforts. Les gens fuient sur les routes. Je lui ai dit que s’il voulait notre appui, il fallait envoyer le même message de libération à toutes les cités d’Achaïe et pour tous les esclaves. Et j’ai ajouté sans rire : une libération définitive bien sûr, pas seulement le temps de cette guerre. Que nous devrions gagner, avec des Romains fatigués, loin de leurs bases, amoindris je suppose, et beaucoup d’entre nous ont été soldats, etc. Il était trop énervé, m’a approuvé sans comprendre.

Paru le 1er août 2016

Éditeur : Atelier de l’agneau

Genre de la parution : Recueil

Poème
de l’instant

Charles Cros

Sonnet

Moi, je vis la vie à côté,
Pleurant alors que c’est la fête.
Les gens disent : « Comme il est bête ! »
En somme, je suis mal côté.

J’allume du feu dans l’été,
Dans l’usine je suis poète ;
Pour les pitres je fais la quête.
Qu’importe ! J’aime la beauté.

Beauté des pays et des femmes,
Beauté des vers, beauté des flammes,
Beauté du bien, beauté du mal.

J’ai trop étudié les choses ;
Le temps marche d’un pas normal ;
Des roses, des roses, des roses !

Charles Cros, « Sonnet », Le Collier de griffes.