Les amarres rompues

Auteur : Roger Gonnet

Les amarres rompues

Toutes amarres rompues, à peine lesté de textes brefs, l’esquif Poésie poursuit sa course car dans la chute/reculer n’a plus de sens. Le nautonnier nocturne, cet allumeur d’étoiles, se dit pourtant à lui-même : Tu ne sais pas ce tu cherches, hors temps ! A lire l’auteur d’une escale à l’autre, on médite le rêve catapulté / sur un bourbier d’images et l’on participe à l’ordre de l’érosion même, si malgré la victoire finale du sable, la lumière sur l’arbre continue de flamber : c’est pour le navigateur solitaire, le plus sûr ou le seul fanal.

Paru le 1er mai 2007

Éditeur : L’arbre à paroles Maison de la Poésie d’Amay

Genre de la parution : Recueil

Poème
de l’instant

Carl Norac

Petit poème pour y aller

Un poème parfois, ce n’est pas grand-chose.
Un insecte sur ta peau dont tu écoutes la musique des pattes.
La sirène d’un bateau suivie par des oiseaux, ou un pli de vagues.
Un arbre un peu tordu qui parle pourtant du soleil.
Ou souviens-toi, ces mots tracés sur un mur de ta rue :
« Sois libre et ne te tais pas ! ».
Un poème parfois, ce n’est pas grand-chose.
Pas une longue chanson, mais assez de musique pour partir
en promenade ou sur une étoile,
à vue de rêve ou de passant.
C’est un aller qui part sans son retour
pour voir de quoi le monde est fait.
C’est le sourire des inconnus
au coin d’une heure, d’une avenue.
Au fond, un poème, c’est souvent ça,
de simples regards, des mouvements de lèvres,
la façon dont tu peux caresser une aile, une peau, une carapace,
dont tu salues encore ce bateau qui ouvre à peine les yeux,
dont tu peux tendre une main ou une banderole,
et aussi la manière dont tu te diras :
« Courage ! Sur le chemin que j’ai choisi, j’y vais, j’y suis ! ».
Un poème, à la fois, ce n’est pas grand-chose
et tout l’univers.

Carl Norac, inédit, pour le 22e Printemps des Poète / Le Courage