Les Théories et autres poèmes en zajal de Gibrân Khâlil Gibrân

« Le bien se manifeste en l’homme, s’il y est prédestiné
Et le mal, même outre-tombe, jamais ne disparaît.
Bien des gens sont des jouets que les doigts du destin
Animent l’espace d’un jour, et qui se retrouvent brisés.
Ne dites pas celui-ci est un puits de science,
Ni celui-là un seigneur vénéré,
Les meilleurs parmi les hommes cheminent à l’écart du troupeau
Accompagnés par la voix des bergers,
Car celui qui ne marche pas n’existe pas. »
Avec ce recueil, le Temps des Cerises s’attache à publier une part méconnue de l’œuvre de Gibrân Khalîl Gibrân, auteur du Prophète. Il est composé d’une nouvelle traduction d’Al-Mawâkib, poème épique ensorcelant de beauté, suivi de trois de ses poèmes écrits en zajal, arabe dialectal libanais.
Illustration de couverture : Khalîl Gibrân, Love .

Paru le 1er juin 2010

Éditeur : Le Temps des cerises

Genre de la parution : Recueil

Poème
de l’instant

Je suis la fille du baobab brûlé

Elle a une main dans la main du désir
Nous ramons en haute mer
Les eaux suffoquées cassées
Masses pendues aux os tendres
Où je meurs dialogue des corps
Le voyage est infini sur les routes de lumière
Le vin des amants est un baiser mortel

Au chant de la bien-aimée
Un soupir rend l’éternité
Mêlant l’anatomie des sens
Notre histoire refuse la chronique des héros
Le sexe humide du poème
Nourrit l’espérance du monde
Nous arriverons ensemble
Nous cheminerons ensemble
Nous partirons ensemble
Au contrepoint de la terre

Ce qui n’est à personne est à moi
J’embrasse le crépuscule d’eau
Je suis debout au flanc des nuages
Je respire l’air frais du soir
Tant qu’il y aura une étoile
Je brillerai avec ma chanson
Et je chanterai à voix de tête

Rodney Saint-Éloi, Je suis la fille du baobab brûlé, « Elle a une main dans la main du désir », Mémoire d’encrier, 2015.