Léger mieux de Shoshana Rappaport

Léger mieux de Shoshana Rappaport

« Oui. Elle va ramener l’ordre. Elle sera submergée par la vie ordinaire. Elle trompera l’ennui. Elle s’imposera de nouvelles règles. Elle régnera malgré le tumulte. Elle s’habituera à ses nuits d’insomnie, à ses crises, aux migraines, à l’euphorie qui suit. »
Lorsque l’abîme se dresse, que la pensée se heurte avec une lucidité sans faille à ce qui la menace, qu’elle se déploie en vain contre le tourment – se retournant contre elle-même –, que l’existence tressaille, réifiant l’effort, quand le bruissement intérieur anéantit progressivement l’idée même d’un avenir possible, quelle réponse opposer, fermement, à l’inexorable ?
Léger mieux tente d’échafauder une hypothèse, de résoudre le paradoxe de trois vies auxquelles la création offre bien plus qu’un recours inespéré.

Trois portraits, trois destins, trois femmes : Virginia Woolf, Sylvia Plath, Marina Tsvetaïeva.
Les trois grâces furent-elles les sœurs des Parques renvoyées à la nuit ?

Paru le 1er avril 2010

Éditeur : L’Act Mem

Genre de la parution : Recueil

Poème
de l’instant

Charles Baudelaire

Hymne à la beauté

L’éphémère ébloui vole vers toi, chandelle,
Crépite, flambe et dit : Bénissons ce flambeau !
L’amoureux pantelant incliné sur sa belle
A l’air d’un moribond caressant son tombeau.

Que tu viennes du ciel ou de l’enfer, qu’importe,
Ô Beauté ! monstre énorme, effrayant, ingénu !
Si ton œil, ton souris, ton pied, m’ouvrent la porte
D’un Infini que j’aime et n’ai jamais connu ?

Charles Baudelaire, 1821-1867, « Hymne à la beauté », Les Fleurs du mal , 1857.