Le soleil s’est réfugié dans les cailloux

Auteur : Anne-Lise Blanchard

Le soleil s'est réfugié dans les cailloux

Matin ou soir
peu importe
les cloches nous ponctuent

En août 2014, en Syrie, Anne-Lise Blanchard découvre les villes fantômes de Qousayr, Homs. Les maisons des quartiers chrétiens ont été incendiées pour empêcher tout retour, une bombe a été placée dans la cathédrale de Homs. Elle écoute les paroles des déplacés en Syrie, des réfugiés au Liban. « Je les recueille comme de précieux fragments d’une vérité dénaturée, d’un quotidien ignoré ». « Nous vivons l’oecuménisme du sang » affirme en juin 2015 le patriarche catholique melkite d’Antioche. Ce sang répandu, comme la dignité rencontrée, Anne-Lise Blanchard avait promis d’en rendre compte. « Le danger sera là bientôt, chez vous, donc il faut être vigilant, éveillé, être vrai. L’Occident est complètement endormi » averti le Père Ephrem, dominicain irakien. De manière bouleversante, Le Soleil s’est réfugié dans les cailloux fait résonner poétiquement cet avertissement.

qu’elles mettent en branle
qu’elles suspendent
nos gestes

avec jubilation
elles traversent emportent
nos corps écrivant
la page du commun ouvrage

Anne-Lise Blanchard nomadise entre les Alpes, Lyon et le Proche Orient où elle oeuvre avec une organisation humanitaire auprès des chrétiens persécutés (SOS Chrétiens d’Orient).

Paru le 8 mars 2017

Éditeur : Ad Solem

Genre de la parution : Recueil

Poème
de l’instant

Carl Norac

Avant de tout dire

Toute la beauté du monde, je ne peux pas te la dire. Mais rien ne m’empêche d’un peu l’approcher avec toi.

Il y a de si grands murs qui cachent les jardins, des dépotoirs au bord des plages, des ghettos dans des îles, tant de blessures aux paysages.

Par bonheur, un peu de splendeur demeure alentour et le dire, même tout bas, par amour, c’est croire encore qu’un jour, nous irons la trouver, toute la beauté du monde.

Carl Norac, « Avant de tout dire », Le livre des beautés minuscules, Éditions Rue du Monde.