Le jeu d’Inéma

Le jeu d'Inéma

Préface de Lyonel Trouillot

« Je n’ai que bouche
D’horloge déréglée
De paroles qui tombent
À l’âge des seins lourds
D’hésitation fêlée
Et d’amours déguerpies »

« Le jeu d’Inéma nous entraîne dans ces quartiers que l’on dit de non-droit, dans ces queues de ville, vestiges ou excroissances, cités béton-carton où le marcheur ne marche qu’à ses risques et périls. La géographie du poète n’est pas affaire de beaux jardins, et son paysage amoureux ne compte pas de poupées sages. C’est dans la violence des sentiments des laissés-pour-compte que le langage va chercher sa vérité, sa tendresse même.
N’est pas qui veut poète de l’errance encerclée. Dos au mur. Ou à la mer. Porte-parole, peut-être malgré lui, du chant de ceux qui déchantent, mais rêvent quand même.
N’est pas, avec une telle force, capable qui veut, d’assumer, dans les conditions du pire, le droit d’inventer son soi-même et son autre. Il s’agit là, sans aucun doute, d’un grand texte poétique. »

Extrait de la préface de Lyonel Trouillot

Paru le 1er avril 2016

Éditeur : Le Temps des cerises

Genre de la parution : Recueil

Poème
de l’instant

Emmanuel Moses

Il était une demi-fois

Donnez-moi un mot
J’en ferai deux, j’en ferai trois
Et puis cent, et puis mille
Et quand je ne pourrai plus compter
Je repartirai en arrière
Jusqu’au tout premier
Qui sera le dernier.

Il était une demi-fois, Emmanuel Moses, illustré par Maurice Miette, Éditions Lanskine, 2019, p.32.