Le désespoir est trop facile

de Monzer Masri

Le désespoir est trop facile

traduit de l’arabe par Maram al-Masri

Le poète et peintre Monzer Masri a fait le choix de rester en Syrie et de continuer à vivre parmi les siens, parmi les gens de Lattaquié, ce port méditerranéen qui est sa ville. Ce choix n’est pas simple mais il ne s’imagine pas vivre ailleurs et, dit-il, « Je crois que la poésie qui mérite ce nom est la poésie qui aide les gens dans leur recherche diligente et dure, depuis le moment de leur naissance jusqu’au moment de leur mort, leur quête du bonheur. » Monzer est un poète reconnu en Syrie et dans le monde arabe. Il a par la nouveauté de ses poèmes et par le soutien qu’il leur a apporté exercé une forte influence sur beaucoup de poètes de sa génération ou plus jeunes.

Paru le 5 mars 2020

Éditeur : Le Temps des cerises

Genres de la parution : Recueil Version bilingue

Support : Livre papier

Poème
de l’instant

Charles Baudelaire

Petits poèmes en prose

Votre œil se fixe sur un arbre harmonieux courbé par le vent ; dans quelques secondes, ce qui ne serait dans le cerveau d’un poëte qu’une comparaison fort naturelle deviendra dans le vôtre une réalité. Vous prêtez d’abord à l’arbre vos passions, votre désir ou votre mélancolie ; ses gémissements et ses oscillations deviennent les vôtres, et bientôt vous êtes l’arbre. De même, l’oiseau qui plane au fond de l’azur représente d’abord l’immortelle envie de planer au-dessus des choses humaines ; mais déjà vous êtes l’oiseau lui-même.

Charles Baudelaire, Petits poèmes en prose, « Le Théâtre de Séraphin », 1868.