Le chat polaire

Le chat polaire est une maison d’édition belge dédiée à la jeune poésie contemporaine francophone. Elle a été créée en janvier 2019 par deux passionnés, Marie Tafforeau et Marc Menu.

Lors de chaque parution, elle associe à l’auteur un artiste visuel, illustrateur ou photographe. Elle souhaite également établir des liens avec d’autres formes artistiques, telles que la musique ou la chanson, lors de diverses manifestations à venir.

L’expression "Le chat polaire" est le fruit de l’invention d’un jeune garçon voulant nommer un banal chat blanc. C’est ainsi que naît parfois la poésie et c’est cette fraîcheur que prétendent conserver les deux éditeurs.

Tu m'aimes-tu ?

10 mai 2019

Tu m’aimes-tu ?

J’aime traverser la flaque. C’est comme ça que l’on appelle l’océan Atlantique en Argentine, el charco, pour essayer de réduire au maximum l’espace qui sépare Buenos Aires de Paris, pour croire qu’il suffit d’un enjambement pour se retrouver sur l’autre rive.
La flaque, je l’ai traversée il y a longtemps, en bateau, dans le ventre de ma mère. Et depuis, je remets souvent les pieds en Amérique du sud, plus rarement en Amérique du nord. L’année dernière j’ai traversé la flaque pour atterrir à Montréal et je (…)

Poème
de l’instant

Carl Norac

Petit poème pour y aller

Un poème parfois, ce n’est pas grand-chose.
Un insecte sur ta peau dont tu écoutes la musique des pattes.
La sirène d’un bateau suivie par des oiseaux, ou un pli de vagues.
Un arbre un peu tordu qui parle pourtant du soleil.
Ou souviens-toi, ces mots tracés sur un mur de ta rue :
« Sois libre et ne te tais pas ! ».
Un poème parfois, ce n’est pas grand-chose.
Pas une longue chanson, mais assez de musique pour partir
en promenade ou sur une étoile,
à vue de rêve ou de passant.
C’est un aller qui part sans son retour
pour voir de quoi le monde est fait.
C’est le sourire des inconnus
au coin d’une heure, d’une avenue.
Au fond, un poème, c’est souvent ça,
de simples regards, des mouvements de lèvres,
la façon dont tu peux caresser une aile, une peau, une carapace,
dont tu salues encore ce bateau qui ouvre à peine les yeux,
dont tu peux tendre une main ou une banderole,
et aussi la manière dont tu te diras :
« Courage ! Sur le chemin que j’ai choisi, j’y vais, j’y suis ! ».
Un poème, à la fois, ce n’est pas grand-chose
et tout l’univers.

Carl Norac, inédit, pour le 22e Printemps des Poète / Le Courage