Le chant du vent ou du roseau de Xi Du

Le chant du vent ou du roseau de Xi Du

Nous inventons des termes,
pour saisir la beauté dans les veines de la nature.
Mais tu danses sur la pointe d’une aiguille,
pas besoin d’instrument,
s’il y a la lumière, s’il y a la source,
il y aura toujours ta grâce légère.

Les impressions que suggère l’observation d’un papillon sont difficiles à retranscrire de façon exacte. Légèreté, délicatesse… Le papillon possède ces qualités et les exprime naturellement. Le poète, lui, a besoin de ces instruments que sont les mots. Dans un certain nombre de poèmes réunis dans ce recueil, Xi Du nous invite à observer et à apprécier le monde qui l’entoure. Originaire de la province côtière du Zhejiang, au sud-est de la Chine, il passe sa jeunesse dans les montagnes, dans les champs et au bord des rivières. Les paysages l’impressionnent et forment sa sensibilité. Aux années de jeunesse à la campagne succède la vie citadine à Pékin. Ces modes de vie distincts fournissent différentes sources d’inspiration. La ville est le lieu de la solitude et du froid hivernal. La vie quotidienne est évoquée par les scènes banales et les activités d’une journée à la maison, les événements contemporains par l’annonce à la radio de la mort d’Yitzhak Rabin. La nostalgie du pays natal est éveillée par la présence de la pluie, de la lune.

Ouvrage traduit avec l’aide de "The State Council Information Office of the People’s Republic of China".

Paru le 1er juin 2008

Éditeur : Fédérop

Genre de la parution : Recueil

Poème
de l’instant

Jean-Pierre Verheggen

Courage / Courrèges

Rappelons-nous que la poésie se niche aussi
dans les voisinages, tant congrus qu’incongrus,
- voire crus ! - de mots parfois peu congénères
qui sommeillent dans le même dictionnaire !
Qu’on les réveille et voilà le substantif courage,
apparemment sans cousinage avec la poésie,
qui soudain s’accoquine, de manière inattendue,
avec André Courrège, le grand couturier,
inventeur , dans les années 60 de la jupe-culotte
qu’osèrent porter en rue de courageuses femmes
prêtes à affronter les quolibets, les regards
lubriques, les injures et autres harcèlements
machistes d’effrontés « passant qui passent »

Saluons donc, aujourd’hui plus que jamais,
ces « hirondelles printanières », ces militantes
avant-gardistes qui n’hésitèrent pas -ô avril ! -
« à se découvrir d’un fil » pour défendre

la Beauté et la Liberté poétique de leur corps !

Jean-Pierre Verheggen « Courage / Courrèges », inédit pour le Printemps des Poètes 2020