Le cadran ligné

Fondées en 2009, les éditions Le Cadran ligné ont commencé avec la publication de « livres d’un seul poème » – un simple feuillet vergé plié en quatre et pris dans une couverture à rabats – une collection de plaquettes qui sera close en février 2015 après que 75 titres de 75 auteurs différents ont paru.

En 2013, le hasard d’une rencontre avec le peintre Jean-Pierre Bréchet amène la réalisation d’un premier livre, Trait fragile, de Pierre Bergounioux. En 2014, un deuxième livre voit le jour, Nuages, de Boris Wolowiec, un auteur qui n’avait jamais publié, pas même en revue. Puis ce sera, en 2015, des livres de Christian Ducos et d’Alain Roussel. En 2016 est publié Méca d’Ana Tot ainsi qu’un livre Esthétique du machinisme agricole de Pierre Bergounioux et Pierre Michon. En 2017 sortent un nouveau Wolowiec, Gestes, et un recueil inédit du poète belge François Jacqmin, Traité de la poussière. D’une diffusion d’abord confidentielle, les éditions Le Cadran ligné se développent lentement, lentement délibérément.

Pas de ligne éditoriale revendiquée sinon les goûts et préoccupations poétiques forcément subjectifs de son principal animateur, Laurent Albarracin.

Quelques titres :
Pierre Peuchmaurd, Le Papier
Anne-Marie Beeckman, La Mémoire de l’eau
Laurent Albarracin, Chaque horizon
Christian Viguié, Des Oiseaux

Contact

Le Mayne,

19700

Saint-Clément

La rose au coeur

1er juin 2012

La rose au coeur

"La rose au coeur m’est venue
comme après un coup de feu…"

Gît mon coeur brûlé

1er juin 2012

Gît mon coeur brûlé

"Ma forêt ma douce cendre
Je t’apprends par le menu
La bouche à peine
Un ongle dans ta peau secrète
Pas touchée même pas…"

Poème
de l’instant

La panthère des neiges

L’affût commande de tenir son âme en haleine. L’exercice m’avait révélé un secret : on gagne toujours à augmenter les réglages de sa propre fréquence de réception. Jamais je n’avais vécu dans une vibration des sens aussi aiguisée que pendant ces semaines tibétaines. Une fois chez moi, je continuerais à regarder le monde de toutes mes forces, à en scruter les zones d’ombre. Peu importait qu’il n’y eût pas de panthère à l’ordre du jour. Se tenir à l’affût est une ligne de conduite. Ainsi la vie ne passe-t-elle pas l’air de rien. On peut tenir l’affût sous le tilleul en bas de chez soi, devant les nuages du ciel et même à la table de ses amis. Dans ce monde il survient plus de choses qu’on ne le croit.

Sylvain Tesson, La panthère des neiges, Éditions Gallimard, 2019.