Le bal des hippocampes de Boris Gamaleya

Le bal des hippocampes de Boris Gamaleya

Poète majeur, le réunionnais Boris Gamaleya construit dans la lenteur et l’opiniâtreté, patiemment et impatiemment tout à la fois, une œuvre singulière regorgeant de nourritures indissociablement terrestres et spirituelles, afin d’en faire office de viatique pour les lecteurs sensibles aux enjeux profonds de notre époque, aux antipodes des agitations superficielles. Nouvelle étape dans ce voyage en poésie, Le Bal des hippocampes est une sorte de glossaire vivant, en mouvement, tout frémissant et palpitant, une arche de Noé pour les mots et les choses dotée d’une énergie inépuisable, une espèce d’encyclopédie volubile de tout ce qui existe. Y cohabitent en effet non seulement toutes sortes de tournures, des plus lambiquées aux plus limpides, des plus complexes aux plus directes, des plus précieuses aux plus simples et dépouillées, mais encore beaucoup de langues, comme pour renverser le mythe malencontreux de Babel en chance et en bonheur. Le lecteur, dépouillé de ses habitudes mentales, assiste à une formidable fête de l’esprit, où triomphe la vibration contagieuse qui anime ce que la science contemporaine nomme interdépendance universelle et qu’Hippocrate décrivait en affirmant que « tout respire avec tout ».
Patrick Quillier

Paru le 1er mai 2012

Éditeur : L’Amandier

Genre de la parution : Recueil

Poème
de l’instant

Valère Novarina

Chronophobie

Ici-bas dans la tourmente, il danse
Écoutez mes aïeux :
Je danse à la gueule de dieu

Traçant une ligne invisible
Entre n’être et naître pas
Entre naître et n’être pas
J’ai vécu vaille que vaille
Tout au fond d’l’univers
Le réel m’a pris en tenaille
Je danse à cœur ouvert

Le jour venu, mon âme d’animal
Si vous la trouvez en moi
Portez-la dans le sein d’Abraham !

Mai 2019, Valère Novarina, extrait de Chronophobie, poème inédit confié au Printemps des Poètes pour la 11e édition du Prix Andrée Chedid du Poème Chanté.