Le Musée du temps d’Amir OR

Le Musée du temps d'Amir OR

traduit de l’hébreu par Aurélia LASSAQUE
et Jacques RANCOURT
Le musée du temps offre la première traduction française de la poésie d’Amir Or. Ce recueil est conçu sous la forme d’une petite anthologie. Les poèmes ont été choisis parmi six recueils. Cette sélection permet ainsi au lecteur francophone de découvrir, à travers le chemin de sa création, cet auteur trop peu représenté en France.

« Amir Or, fait l’expérience ambitieuse de l’écriture du poème ultime, le poème qui ne ressemble à aucun autre » (Debjani Chatterjee, The Poetry Review, London). La poésie d’Amir Or exige que le banal soit saisi dans toute sa profondeur ; se défiant des traditions poétiques, il semble indiquer ce que peut être la poésie. Un arrachement de soi vers une construction de soi sans cesse renouvelée.

Sa formation en philosophie et en histoire des religions transparaît dans ces poèmes tour à tour mystiques, sensuels, surréalistes, pleins d’humanité, tentant de saisir, d’interroger, de nommer ou de remodeler les contours d’un monde qui est le nôtre, qui nous échappe. « Sa poésie est une création mythique, érotique, personnelle et universelle. Il évite la division fondamentale entre « Je » et « Le monde » ‒ source d’angoisse existentielle et de souffrance ‒, parle de l’indivisibilité de la vie et ainsi nous apprend à accepter l’existence », (Beata Tarnowska, Literatura Na Swecie).

Le musée du temps est aussi le fruit d’une amitié entre poètes. Au cours d’un séjour en France pour achever l’écriture d’un roman, Amir Or et Aurélia Lassaque ont traduit quotidiennement leurs poèmes, engageant un dialogue original autour de l’écriture, de la traduction, des langues. Amir Or compose parfois directement en anglais, c’est à partir de cette langue commune et au cours de longues conversations que s’est élaboré cette traduction toujours en regard de la version originale en hébreu. Jacques Rancourt, traducteur confirmé a apporté son précieux concours à ce travail.

Paru le 1er février 2014

Éditeur : L’Amandier

Genre de la parution : Recueil

Poème
de l’instant

Valère Novarina

Chronophobie

Ici-bas dans la tourmente, il danse
Écoutez mes aïeux :
Je danse à la gueule de dieu

Traçant une ligne invisible
Entre n’être et naître pas
Entre naître et n’être pas
J’ai vécu vaille que vaille
Tout au fond d’l’univers
Le réel m’a pris en tenaille
Je danse à cœur ouvert

Le jour venu, mon âme d’animal
Si vous la trouvez en moi
Portez-la dans le sein d’Abraham !

Mai 2019, Valère Novarina, extrait de Chronophobie, poème inédit confié au Printemps des Poètes pour la 11e édition du Prix Andrée Chedid du Poème Chanté.